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GEL DU PROCESSUS ELECTORAL
Après le PPRD, le MLC contre la décision de Fatshi
mercredi 20 mars 2019

C'est une montagne de réactions, que le Président Félix Tshisekedi a sur son dos, après la suspension de l'installation de nouveaux sénateurs et le renvoi sine die, de l'élection des gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces, tel que décidé au cours de la réunion interinstitutionnelle, tenue le lundi 18 mars à Kinshasa. Après la Parti du peuple pour la reconstruction et le démocratie (PPRD) de l'ancien Président Joseph Kabila, c'est le tour du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, de hausser le ton.

Dans un communiqué signé hier mardi 19 mars par son secrétaire général adjoint, Fidèle Babala, le MLC souligne que la réunion interinstitutionnelle n'est pas habilitée à prendre des décisions suspendant l'installation des sénateurs élus." Le MLC a suivi avec consternation les annonces faites à l'issue de la réunion interinstitutionnelle. Parti républicain, le MLC relève l'incompétence absolue en cette matière de cet organe informel dépourvu de tout pouvoir décisionnel au regard de la constitution de notre pays ", poursuit ledit le communiqué.

" Le MLC note avec sidération l'amalgame et l'amateurisme qui ont tendance à élire domicile au sommet de l'État. Les questions internes à un parti politique ne peuvent impacter la vie d'une nation ", gronde le parti de l'abeille, dans son communiqué rendu public hier.

Le Mlc circonscrit le contexte particulier qui a concouru à la prise de ces décisions, que d'aucuns qualifient de très graves, au regard de leur impact direct sur le fonctionnement harmonieux des institutions. "Les décisions prises à la réunion interinstitutionnelle font suite aux allégations de corruption des députés provinciaux lors de l'élection sénatoriale du vendredi 15 mars, à l'issue de laquelle, selon les chiffres officiels, le Front commun pour le Congo (FCC), plateforme dont l'ex-président Joseph Kabila est l'autorité morale, remporter une victoire écrasante face aux autres partis et plateformes politiques. Des allégations de corruption qui ont suscité l'indignation des militants de l'UDPS ".

LA REPUBLIQUE PART EN VRILLE!

Une autre réaction est celle de Sam Bokolombe Batuli, cadre de Ensemble de Moïse katumbi. Dans une réflexion suffisamment relayée hier par les réseaux sociaux, ce scientifique note que l'Etat de droit que chacun appelle de ses vœux ne s'accommode pas d'états d'âme et ne doit pas être partisan et clientéliste. Ses règles s'imposent envers et contre tous, gouvernants comme gouvernés. Prendre des libertés quant à ce risque d'aggraver la tension ambiante que les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales du 30 décembre 2018 dernier n'ont pas fini de provoquer sur fond de la vérité des urnes.

Par ailleurs, ce spécialiste du droit rappelle que si hier, l'on a à maintes fois reproché à la kabilie de violer intentionnellement la Constitution, ce n'est pas aujourd'hui que l'on s'y inclinerait. L'on ne peut, sauf cas de force majeure, état de guerre ou de siège, suspendre le processus électoral et différer la mise en place des institutions et ce, sur " décision " d'une structure de fait et incompétente qu'est la réunion interinstitutionnelle. C'est d'une énorme et flagrante inconstitutionnalité", fait-il remarquer.

Quant aux enquêtes sur les allégations de corruption, Sam Bokolombe souligne formellement que celles-ci sont opportunes et légitimes dans le souci de moraliser la vie publique. Nuance cependant, "elles (les enquêtes) auraient pu également être diligentées à l'occasion des présidentielle, législatives nationales et provinciales du 30 décembre 2018".

Prenant l'exacte mesure de l'ampleur de la corruption en RD Congo, Sam Bokolombe reconnait que ce fléau social est devenu un véritable phénomène endémique dans l'environnement politique congolais. Néanmoins, il fait remarquer que "prendre aujourd'hui la corruption supposée des sénatoriales comme prétexte d'énerver le processus électoral et la mise en place des institutions semble grotesque et donne l'impression de vouloir prolonger l'inertie actuelle".

A CESAR CE QUI EST A CESAR,…

Tout bien considéré, Sam Bokolombe est convaincu que ça ne coûte rien de faire proprement les choses conformément à la Constitution en respectant, bon gré mal gré, les attributions de chaque institution. Notamment à la CENI, la poursuite du processus électoral et aux Cours et Tribunaux, les enquêtes et éventuelles poursuites judiciaires des suspects pour corruption. "Sinon, l'on s'engage sur une pente glissante, celle de haute trahison pour tentative de coup d'Etat. Il est temps de se ressaisir. Gérer la République ne doit pas ressembler à une scène de vaudeville ou d'opérette. Il sied de mesurer la gravité de ses responsabilités et d'en être conséquents?, conclut Sam Bokolombe.

APPEL DU FCC A L'AUTOCRIIQUE

Jean-Marc Kabund, président intérimaire de l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social(UDPS), a annoncé que son parti rejette les résultats des élections sénatoriales et, par conséquent, appelle à la réorganisation du scrutin. Vu des analystes, la réaction de ce cadre de l'actuel parti présidentiel, rentre dans l'ordre naturel des choses. C'est donc dans le droit légitime d'un parti qui n'a pas rempilé à une élection à quelque niveau, de crier soit à la triche, soit à la corruption.

Cependant, au Front Commun pour le Congo (FCC), plateforme pro Joseph Kabila, la déclaration du président provisoire de l'Udps est perçue comme une manière délibérée de vouloir détourner l'attention du peuple congolais. Le FCC estime que le verbatim de Marc Kabund, non seulement qu'il "désoriente les Congolais, mais comporte également une mise en péril du cycle électoral?.

Aussi, le FCC estime-t-il qu'au lieu de crier à la terre entière que les sénatoriales du 15 mars ont été émaillées d'actes de corruption à vaste échelle, l'UDPS ferait œuvre utile en se livrant à un exercice d'autocritique. Ce, au lendemain de sa défaite sans qu'elle ne prenne le peuple " en otage ".

Déjà samedi, la Ligue des jeunes du PPRD avait réagi après l'attaque contre le siège fédéral du parti situé sur le boulevard Sendwe, dans la commune de Kalamu, à Kinshasa. La Ligue a ouvertement pointé un doigt accusateur sur les combattants de l'UDPS, présumés auteurs de cet acte de vandalisme, pour le simple fait que ces derniers avaient et continuent à accuser le camp Kabila, leur nouveau partenaire, d'avoir corrompu les députés provinciaux du parti de Félix Tshisekedi. Accusations que le FCC rejette en bloc.

Dans un communiqué signé par son coordonnateur, le FCC rappelle son attachement à la lutte contre la corruption et tant d'autres tares qui gangrènent la classe politique en RD Congo. Grevisse KABREL
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