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Raïssa Malu pour une reconversion de mentalités en RD Congo
vendredi 8 mars 2019

Mme Raïssa Malu, est la coordinatrice du Projet d'éducation pour la qualité et la pertinence des enseignements au niveau secondaire et universitaire au sein de l'EPSP. Elle est également la promotrice de la Semaine de la science et des technologies dont la 6ème édition est prévue du 20 au 25 avril prochain. C'est en cette double qualité que Forum des As lui a accordé la parole en cette Journée du 8 mars consacrée à la femme. Pour cette dame, la reconversion de mentalités s'impose en RD Congo. Car, dit-elle, " il n'existe pas de métiers qui soient l'exclusivité des femmes ou des hommes. Interview. Les sciences et les mathématiques ne tentent pas trop les femmes, particulièrement en Afrique. Comment avez-vous fait pour réussir dans cette filière ? Etant fille d'un professeur, j'ai évolué dans le milieu des sciences et mathématiques dès ma tendre enfance. Mon père, le professeur, Félix Malu wa Kalenga, était commissaire général à l'énergie atomique et directeur du Centre nucléaire de Kinshasa. Et il n'a pas fait de distinction entre fille et garçon. Il voulait nous voir faire les sciences. Je suis physicienne de formation spécialisée en Physique nucléaire. Personnellement, j'ai toujours trouvé les sciences et les mathématiques plus faciles que le Droit ou la Médecine. Cela ne m'a jamais posé de problème d'évoluer dans un milieu quasiment masculin. Evidemment, cela dépend aussi de la personnalité d'unindividu à un autre. Dans ma promotion, nous étions 3 filles dans un auditoire de 25 garçons. C'est dans ce but que je pousse toujours les filles à adhérer dans ce domaine quand on retrouve à deux ou trois, c'est mieux que lorsqu'on est seul. Si les filles ne sont pas trop présentes dans ces filières, c'est peut-être parce qu'elles n'ont pas de modèle, de référence à qui s'identifier. Puisqu'elles voient peu de femmes et plus d'hommes se lancer sur cette voie, elles se disent que c'est un domaine réservé aux hommes sans parler de la société qui a également tendance à le faire croire. Nous avons donc un travail à faire sur les stéréotypes pour montrer que contrairement à ce que l'on croit, les femmes ont les mêmes capacités que les hommes. Il faut donc, un maximum de filles pour qu'il y ait une représentativité égale entre homme et femme. Il faut bannir cette idée qu'il y a des domaines expressément femme ou expressément homme. C'est ainsi que dans la Semaine des sciences et des technologies, je mets au maximum des femmes et des filles en avant pour que et les garçons et les filles puissent trouver normal de voir des femmes ou des filles exceller dans ce domaine. Conseillère pédagogique et professeur des sciences et mathématiques pour les niveaux secondaires et supérieurs. Que faites-vous concrètement pour attirer les filles à suivre cette filière ? Avec mes étudiants,je travaille premièrement sur la confiance en soi. J'ai remarqué qu'il y a une différence marquante de confiance en soi entre les filles et les garçons. Un garçon, même s'il ne réunit pas toutes les capacités intellectuelles ou matérielles, il a le courage de foncer, d'essayer et n'a pas peur d'échouer parce qu'il voit son côté homme, masculin. Il y va au culot, il a l'audace.Par contre avec les filles, c'est différent.Il faut plus de préparation. Elle veut être sûre d'elle, avoir de l'assurance qu'elle va réussir. Ainsi, je les exhorte à faire ce qu'elles aiment, d'essayer, d'oser. De faire le premier pas, ne pas chercher à ce que cela soit parfait dès la première fois. Mais d'y aller d'abord et s'améliorer ensuite. Par exemple, pour celles qui veulent se lancer dans l'entrepreneuriat, ne pas attendre que la situation soit parfaite pour démarrer.Ne pas trop se poser de question et savoir y aller au culot comme les garçons. Viser l'excellence, c'est légitime. Mais ne pas trop attendre permet aux filles de se mettre en avant. Travailler cette confiance en soi doit être une philosophie de la vie. Ne pas avoir peur. Depuis que vous conseillez les jeunes filles, quel est votre propre bilan? J'ai eu des filles qui, grâce à la semaine des sciences, ont participé à un concours de posters scientifiques. A ce jour, elles sont inscrites en Sciences physiques à l'UNIKIN. Notre rencontre les a stimulées à créer une confiance en elles. Ces filles ont eu le courage de présenter leurs posters à ce concours, au cours de la semaine de la science. Si elles n'avaient pas eu cette opportunité, elles ne se seraient pas inscrites à la faculté des Sciences physiques. Ceci est un exemple parmi tant d'autres, aussi qualitativement parlant, je pense que le bilan est positif au bout de cinq ans.A la semaine de la science, les animateurs sont les élèves eux-mêmes et le fait de voir des filles et des garçons animer cela stimule les autres, si c'était moi l'animatrice le résultat ne serait pas le même. Au fil du temps, il y a des élèves qui m'ont abordée pour savoir comment faire pour qu'ils deviennent eux aussi des animateurs de la semaine de la science comme les filles. Je vous assure, il y a six ans, jamais une demande pareille n'aura été faite. Quand on présente les choses simplement, cela suscite un intérêt. Je suis convaincue que le bilan est positif autant chez les filles que chez les garçons. Le thème retenu cette année au niveau national de la journée internationale des droits des femmes est " Ensemble promouvoir la paix, la sécurité et le genre par l'accès aux services publics de qualité ". Quel commentaire vous aspire ce thème ? Sur ce point, je m'appesantirai plus sur le thème au niveau international qui est " Penser équitablement, bâtir intelligemment, innoverpour le changement ". Dans le concept innovation, on voit particulièrement l'intelligence artificielle. Celle-ci représente une opportunité et, en même temps, une certaine peur. L'ONU a voulu mettre l'accent sur ça, parce que l'on a remarqué que ces intelligences pouvaient accentuer par le biais de l'homme. J'explique. Une société mondialement connue dont je tais le nom, a mis en place un algorithme pour recruter son personnel. Au bout de quelques temps,ces créateurs se sont rendu compte que l'algorithme écartait d'office les candidatures féminines et ne laissait passer que les cv des hommes. Ils ont dû l'arrêter pour le reprogrammer. C'est ça le danger, parce que si les algorithmes ne sont produits que par les hommes, cela signifie qu'ils peuvent faire en sorte que ces derniers soient en défaveur des femmes. Ces intelligences auront un grand impact dans le monde, car elles pourront décider si vous pouvez avoir un emprunt à la banque ou pas. C'est eux qui font décider de la politique étrangère de certaines grandes puissances tels que les USA ou la Chine. Il est essentiel que les personnes qui les programment aient une certaine représentativité pour que l'algorithme n'ait pas tendance à écarter lui-même certaines populations. Carcela risque d'avoir un impact négatif à long terme.Le monde va changer. L'intelligence artificielle ne ressemblera pas à ce que l'on connait. Si l'on ne fait rien, les discriminations vis-à-vis de certaines populations telles que les femmes, peuvent être accentuées à cause des personnes qui les programment. Ce qui nous est demandé de faire, c'est réfléchir comment on peut créer des solutions, proposer des outils permettant d'aider les populations à s'épanouir à pouvoir se développer, aux femmes à créer plus de richesses La journée de la femme en RDC est souvent consacrée au tralala (défilé, le port de pagne, concert…) Comment appréciez-vous cette façon de célébrer ? Sinon, qu'est-ce qui devrait être fait ? (Rire) Je suis ouverte et je respecte la manière dont certaines personnes célèbrent cette Journée. Cependant cela ne doit pas s'arrêter au port du pagne à diverses festivités.Il faut en profiter pour passer un message, une information claire aux femmes pendant cette célébration. Sinon, cela ne sert à rien. Il faut les sensibiliser, leur faire comprendre qu'il est temps de mettre à la disposition tout ce que l'on a en termes de ressources technologiques, de connaissances pour pouvoir créer un monde meilleur. Au-delà de l'amusement, ce qui compte c'est le message qu'on leur donne. Je serais heureuse de voir des activités qui mettent en avant les femmes innovantes, créatrices…mettre en avant leur savoir-faire, leur combat, leur force. Propos recueillis par Fyfy Solange TANGAMU
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