Justin-Marie Bomboko : un baobab est tombé hier
vendredi 11 avril 2014

Justin-Marie Bomboko n’est plus. Il a rendu l’âme hier jeudi 10 avril à 14 Heures à l’Hôpital Saint Luc de Bruxelles à l’âge de 86 ans. L’information, confirmée en début de soirée par la famille biologique du défunt, a fait la une du réseau social Face book peu avant la fin de la matinée. Cependant, aucune précision de date n’a été donnée quant au rapatriement de la dépouille. La famille réunit hier pour l’entame du deuil en la résidence de l’illustre disparu, au quartier Pigeon dans la commune de Ngaliema, n’a pas non plus dévoilé un projet de programme des obsèques.

Laurent Essolomwa, l’un de nombreux petit-fils de l’illustre disparue contacté hier au téléphone, a déclaré qu’il était encore tôt pour la famille, de fixer la date du retour du corps de leur parent à Kinshasa. " La famille ne s’est pas encore réunie pour décider du rapatriement du corps du grand-père. Je crois que la rencontre de ce genre pourrait avoir lieu demain ou après demain. Encore que nous ne devons pas décider seuls sans y associer les autorités du pays ", a-t-il déclaré.
Justin-Marie Bomboko a été l’une de grandes figures de l’histoire politique de la République démocratique du Congo. Son nom ne sonne pas creux. Bien au contraire. Justin-Marie Bomboko est compté parmi les pères de l’indépendance du Congo-Kinshasa, le 30 juin 1960. Aux côtés d’autres pionniers de l’indépendance, Bomboko a milité pour l’accession de l’ex-Congo-Belge à la souveraineté internationale. Dans le registre des Relations internationales, on reconnaît volontiers à Justin -Marie Bomboko les atouts d’un circonspect. Un fin diplomate. Et il en a donné les preuves au point même d’incarner une école. Tout le problème, c’est que le patriarche Mongo a presque passé le reste de sa vie en se comportant en diplomate. Autrement, un homme qui entendait plus, mais qui parlait le moins possible. Il est donc resté avare de son savoir. Moralité, Justin-Marie Bomboko emporte dans l’au-delà des vérités inédites de la vie politique de la RDC, devenue République démocratique du Congo en 1997.
Après plusieurs mois de maladie, le patriarche Mongo a été évacué à Bruxelles dans la seconde moitié du mois de mars dernier. Sa disparition dans la capitale belge pourrait ne pas être une surprise pour la plupart des Kinois qui l’ont côtoyé. Né le 25 septembre 1928, Justin-Marie Bomboko meurt à 85 ans et 7 mois.

L’HOMME ET SON PARCOURS
Né le 25 septembre 1928 à Boleke (Equateur), Justin-Marie Bomboko fut diplômé en 1951 de l’Ecole des Sciences politiques et administratives de Lovanium-Kisantu. Employé de l’administration coloniale à Coquilhatville (actuel Mbandaka) de 1952 à 1955, il s’affilie au Parti Libéral belge. Après avoir obtenu sa licence en Sciences politiques et administratives à l’Université Libre de Bruxelles en 1959 et Président de l’Union Générale des Etudiants du Congo et du Ruanda-Urundi en Belgique, il fut attaché à l’Institut de Sociologie Solvay de cette université la même année.
En janvier 1960, il crée à Bruxelles l’Union Mongo - UNIMO, qui vise à regrouper les Mongo de la province de l’Equateur. Elu député, il devient ministre des Affaires étrangères (AE) du gouvernement Lumumba, mais est révoqué le 5 septembre 1960 pour avoir contresigné le même jour l’ordonnance du Chef de l’Etat révoquant Lumumba et six de ses ministres. A la même date, il entre dans le gouvernement présidé par Joseph Iléo, toujours comme ministre des Affaires étrangères. Le 21 septembre, il est nommé Président du Collège (ou Conseil) des Commissaires Généraux constitué le 19 septembre suite au premier coup d’Etat de Mobutu.
Cependant, Justin-Marie Bomboko ne rejoint ledit Collège que le 4 octobre et cumule alors la Présidence avec le poste de Commissaire général aux Affaires étrangères et au Commerce extérieur. Il reste ministre des Affaires étrangères jusqu’au 14 avril 1963, occupant cette fonction dans le gouvernement provisoire Iléo et dans les premier et deuxième Gouvernements de Cyrile Adoula. Il est en outre ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement Iléo. Donc, jusqu’au 1er août 1961. En 1963-1964, il est ministre de la Justice. Le 19 octobre 1963, suite à la proclamation du régime militaire spécial et de l’Etat d’exception dans la ville de Léopoldville, il est nommé Commissaire Général extraordinaire adjoint de la Capitale.

UNE CARRIERE DIPLOMATIQUE ELOGEUSE
Début 1964, membre du Comité National du Rassemblement Démocratique Congolais (RADECO) présidé par Cyrille Adoula, il en devient Directeur du Bureau Politique(BP). Il retrouve le poste de ministre des AE le 28 novembre 1965 dans le gouvernement Mulamba constitué après le second coup d’Etat de Mobutu. Justin-Marie Bomboko est alors membre du Front Démocratique Congolais (FDC) fondé par Victor Nendaka. Par la suite, il est Représentant aux Nations Unies ou à nouveau ministre des AE. De 1967 à 1970, il est membre du Bureau Politique du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR).
Le 4 septembre 1960, le colonel Joseph-Désiré Mobutu fait son premier coup d’Etat. Il "neutralise" les deux têtes de l’exécutif et met en place un "Collège des commissaires généraux" présidé par Justin-Marie Bomboko. C’est au cours de cette période agitée qu’est né le fameux "Groupe de Binza". Joseph Désiré Mobutu (Armée), Justin Marie Bomboko, (Diplomatie), Victor Nendaka (Sûreté), Albert Ndele (Monnaie), Cyrille Adoula (Ministre), Damien Kandolo (secrétaire général à l’Intérieur) étaient les membres les plus éminents. Ce beau monde résidait et se réunissait au Camp para commandos à Binza (Camp Tshatshi).
En août 1961, Cyrille Adoula est désigné Premier ministre. Il forme un gouvernement dans lequel Bomboko retrouve le portefeuille des Affaires étrangères avant de prendre celui de la Justice, en 1963. Suite à des négociations politiques, Moïse Tshombe rentre de son exil en Espagne. Il forme son équipe gouvernementale dont le signe particulier est l’absence des personnalités portant le label "Groupe de Binza". Justin se retrouve sans poste et regagne l’hémicycle du "Palais de la Nation" fort de son mandat de député.
A l’issue des élections générales organisées en 1965, le parti CONACO (Convention nationale congolaise) de Moïse Tshombe en sort vainqueur. Contre toute attente, le président Joseph Kasa-Vubu désigne Evariste Kimba pour former le gouvernement. Un nouveau bras de fer voit le jour. Le 24 novembre 1965, Mobutu, promu au grade de général, s’empare du pouvoir et rappelle Justin Bomboko à la tête de la diplomatie dans le gouvernement que dirige le général Léonard Mulamba. Le ministère de l’Intérieur est dirigé par Etienne Tshisekedi.
En 1967, Bomboko, Nendaka, Etienne Tshisekedi, et autres Ndele rédigèrent le "Manifeste de la N’sele". Le 20 mai de cette année, le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) est né. Il succède au Corps des volontaires de la République (CVR) qu’animaient Joseph Kabayidi et Gaston N’sengi Biembe. Bomboko est, de fait, membre du Bureau Politique du MPR. En septembre 1968, le chef de la diplomatie congolaise se rend au Congo-Brazzaville pour demander aux autorités de ce pays d’autoriser le retour de Pierre Mulele à Kinshasa au nom de la "réconciliation nationale". La suite est connue.
En 1969, "Justin Marie" quitte le gouvernement suite à un remaniement. Il est nommé ambassadeur à Washington où il succède à Cyrille Adoula. Lors d’un congrès du MPR, au début des années 70, il est interpellé avec son "complice" Victor Nendaka pour "atteinte à la sûreté de l’Etat". Suite aux mesures de nationalisation dites "zaïrianisation" en 1973, Lokumba est devenu acquéreur de "SAPA", une entreprise spécialisée dans le commerce général. Elu Commissaire politique (député) en 1977, il devient membre du Comité central du MPR parti-Etat dès sa création en 1980. En février 1981, il est nommé Vice-Premier commissaire d’Etat chargé des Affaires étrangères et de la coopération internationale. En 1982, il est désigné ambassadeur du Zaïre près le Royaume de Belgique avec juridiction sur les Pays-Bas, le Grand-Duché de Luxembourg et la Communauté économique européenne.
Fin septembre - début octobre 1968, Justin-Marie Bomboko joue un rôle important dans la tromperie qui aboutit au retour de Mulele à Léopoldville et à son assassinat. Il signe l’accord avec le Congo-Brazzaville par lequel il se porte garant de sa sécurité. Ministre jusqu’en août 1969, il est nommé ambassadeur à Washington (1969-1970). Il tombe en disgrâce en 1970 et est arrêté en octobre 1971, avec Victor Nendaka, sur l’accusation d’avoir projeté l’assassinat de Mobutu. Détenu pendant près d’un an sans jugement, il est relâché en septembre 1972. Réhabilité par la suite, il redevient en octobre 1977 membre du Bureau Politique du MPR.

JUSTIN-MARIE BOMBOKO, MEMBRE DU HCR-PT
Membre influent de la Ligue des Anamongo, Justin-Marie Bomboko préside la Fondation Universitaire du Zaïre. Fin février 1981, il est nommé Vice-Premier Commissaire d’Etat chargé des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. En 1982, il est nommé ambassadeur au Benelux et auprès de la Communauté Economique Européenne. Après les travaux de la Conférence Nationale Souveraine, auxquels il a pris une part active, il siège au Haut-Conseil de la République - Parlement de Transition. Lorsque les troupes de Laurent-Désiré Kabila prennent Kinshasa, il se met sous la protection de l’ambassade de Belgique. En 2002, il participe au Dialogue intercongolais de Sun City comme "pionnier de l’Indépendance". Mais n’exerce plus aucun mandat politique jusquà ce que la mort le surprend à l’âge de 85 ans. C’est donc un grand diplomate que la RD Congo pleure depuis hier jeudi. Un bosseur. Le ministère des Affaires étrangères est en quelque sorte son œuvre. Laurel KANKOLE}

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