FACE A L’IMBROGLIO QUI POINTE A L’HORIZON
Le vrai dialogue avant les élections
mercredi 25 février 2015

* La concertation entre les acteurs concernés permettrait, de l’avis de nombre d’observateurs, de baliser la voie.
Le dialogue des sourds semble aujourd’hui l’emporter, comme il fallait s’y attendre, sur le consensus souhaité pour la tenue des élections apaisées en RDC. Chacun prêchant pour sa propre chapelle, la cacophonie politique s’invite déjà au débat, à quelques mois du début des joutes électorales. A cette allure, la contestation ne manquera pas au rendez-vous à l’issue de l’organisation des élections à tous les niveaux, programmées tant en 2015 qu’en 2016. C’est ce qui pousse les observateurs à prôner une concertation entre tous les acteurs concernés par les enjeux qui pointent à l’horizon, à savoir la Majorité présidentielle, l’Opposition politique et la Société civile. Car, en lieu et place du dialogue des sourds, mieux vaut, conseille-t-on, tenir un vrai dialogue pour réduire le fossé.

Actuellement, au sein de la composante Opposition politique, le dialogue des sourds l’emporte déjà. Lors de sa dernière sortie publique, le leader de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, a ouvertement prôné le dialogue que soutenait, jusque-là, le secrétaire général de son parti Bruno Mavungu.
L’offre du " lider maximo " du parti de la 10ème rue Limete reposerait sur la préoccupation d’accorder les violons autour de l’alternance. Le dialogue demeure, à ce titre, le cheval de bataille de l’Union pour la démocratie et le progrès social en perspectives des élections. Mais, au sein même de l’Opposition, certains partis politiques ne partagent pas cette option. C’est le cas de l’Union pour la nation congolaise de Vital Kamerhe, le premier à plaider pour le dialogue, mais qui ne s’en préoccupe plus.

DIALOGUE DES SOURDS ENTRE LES ACTEURS
Dans le camp de l’Opposition politique, en dehors des deux partis précités, d’autres encore ne semblent plus battre pavillon " dialogue ". Actuellement pour l’UNC, l’heure n’est plus du tout au combat pour la tenue du dialogue, mais pour un calendrier global consensuel. Or, pour sa part, la Majorité présidentielle reste suspendue à la position de l’Autorité morale. Pendant ce temps, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ne jure que par son calendrier électoral global, jugé consensuel et réaliste. Les uns parlent donc d’une voie et les autres de l’autre, au rythme d’une cacophonie politique qui risque de planter déjà le décor de la contestation. Voilà qui pousse les observateurs à soutenir le dialogue.
Car, si la température actuelle se poursuit, les élections n’étant pas une fin en soi, contribueront, bien au contraire, à réunir les conditions pour un climat très peu recommandable en RDC. On l’a vu avec la dernière initiative de révision de la loi électorale, surtout en l’alinéa 3 de l’article 8. Le climat de suspicion a finalement été à la base des incidents regrettables, tant à Kinshasa qu’au Nord-Kivu avec pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants. L’année 2015 devant constituer la préfiguration de 2016, les acteurs ont donc tout à gagner en parlant d’une seule voix pour prévenir des incidents pouvant découler de la cacophonie entre les acteurs. De la même manière que personne n’avait prévu les émeutes de janvier dernier, il faut désormais prévenir que guérir.

COMMENT ETABLIR LES PRIORITES POUR LES ELECTIONS ?
Le dialogue, pour quoi faire exactement ? Voilà la question qui ne cesse de tarauder l’esprit de bon nombre d’observateurs. S’agira-t-il d’une nouvelle transition politique ? Non, tranchent les observateurs. Le dialogue, expliquent-ils, c’est pour s’accorder sur l’essentiel, à savoir tenir toutes les élections ou accorder la priorité aux législatives tant provinciales que nationales, aux sénatoriales et enfin à l’élection présidentielle. Car, argument-ils, il n’est pas facile pour un pays qui n’a que 9 milliards USD de budget national, avec seulement 5 milliards USD en ressources propres et où tout est priorité, de réunir plus d’un milliard USD pour organiser toutes les élections prévues entre 2015 et 2016. Surtout que les élections, rappelle-t-on encore, ne sont pas du tout une fin en soi.
La RDC pourra-t-elle réunir le budget prévue pour les scrutins ou faudra-t-il, une fois de plus, recourir aux partenaires internationaux qui exigeaient la publication d’un calendrier complet ou global - c’est selon - pour les élections avec une insistance particulière sur le scrutin présidentiel en 2016 ? Sinon, le dialogue des sourds auquel on assiste actuellement risquera sans aucun doute en tout cas de contrarier l’exécution du chronogramme des élections. C’est donc autant de questions qui devront faire l’objet d’examen lors du dialogue tant attendu. Question, comme dit auparavant, de baliser la voie. Bien entendu, il ne sera pas question d’un dialogue à la congolaise, là où tous les regards se tournent souvent vers le partage du pouvoir au nom d’une énième transition politique en RD Congo. Il faudra, au contraire, s’en tenir à l’essentiel en vue d’avoir des élections apaisées, libres et crédibles.

ENVISAGER L’ALTERNANCE DANS LA SERENITE
Tant dans le camp de l’Opposition que dans celui de la communauté internationale, il est surtout question, en décembre 2016, de l’alternance au pouvoir. On se base, pour ce faire donc, sur la fin du second mandat du chef de l’Etat actuel, Joseph Kabila Kabange. Mais, même dans ce cas, les violons doivent s’accorder en vue d’éviter une alternance agitée. Tout comme les partisans du glissement, il importe de ne pas s’imposer par la force de choses, mais d’imposer le bon sens, celui accompagné du consensus.
Dans tous les cas de figure, les règles de jeu doivent être définies et comprises de la même manière par tous déjà à l’avance en vue de prévenir tout climat susceptible d’envenimer la situation. Cela est possible si tous parle le même langage. Le vrai dialogue, pourquoi pas alors ?
Mais, à condition que les violons s’accordent. Lors du dialogue, soutiennent les observateurs, ceux qui reprochent au calendrier global publié par la Ceni d’enregistrer quelques faiblesses, ils auront ainsi l’occasion d’étaler leurs arguments pour qu’en fin de compte, un vrai consensus se dégage entre les différents acteurs. Bref, le dialogue n’est pas en soi une mauvaise chose, mais c’est ce qu’on en fait qui pose généralement problème en RDC.
Il est donc temps pour les acteurs politiques congolais de mettre en exergue l’intérêt supérieur de la nation. Pas dans le discours juste pour essayer de tirer chacun son épingle du jeu, mais dans les faits afin d’aider le pays qui a déjà connu beaucoup d’avancées de les préserver pour ensuite les consolider en fonction de l’émergence fixée en 2030. M. M.

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