EN VUE DE BALISER LA VOIE POUR LES ELECTIONS
La Monusco pour un dialogue entre Congolais
jeudi 29 janvier 2015

* De l’avis des observateurs, les Congolais devraient se retrouver au tour
d’une table pour s’accorder sur l’essentiel

Dans son point de presse hebdomadaire d’hier mercredi, la Monusco (Mission des nations unies pour la stabilisation au Congo) s’est intéressée au dialogue politique en RDC. La Monusco s’est dite, à ce sujet, favorable à un dialogue politique en RDC. Cette rencontre politique importante, indique-t-on, doit impliquer tous les acteurs, Majorité comme Opposition, sans oublier la population. Il s’agit d’un dialogue pour aborder toutes les questions brûlantes de l’heure en RDC et sous les auspices de la mission onusienne en RDC. Une revendication déjà portée par l’Opposition politique congolaise, l’UNC de Vital Kamerhe d’abord et ensuite l’UDPS d’Etienne Tshisekedi. Pour ne pas parler des poids lourds de l’Opposition politique à côté du MLC de Jean-Pierre Bemba. La balle est dans le camp de la Majorité.

Pour le patron de la Monusco, Martin Kobler, ces questions brûlantes de l’heure, comme la loi électorale, le calendrier électoral global et autres points, constituent des questions qui intéressent au plus haut point la population congolaise. Pour lui, les Concertations nationales organisées en 2013 ont abouti, depuis un mois, à la mise en place du Gouvernement de cohésion nationale. Ainsi, pour le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC, il est donc important pour ce dialogue politique congolais d’impliquer toutes les parties prenantes au processus électoral afin de régler tous les problèmes qui pourront entraver la bonne marche du processus. Comme on s’en rend vite compte, au nom de la communauté internationale, la Monusco s’implique pour un dialogue politique en RDC.

UN COMPROMIS POLITIQUE SOUHAITE AFIN DE BALISER LA VOIE POUR 2016
De l’avis de bon nombre d’observateurs avertis, le dialogue politique tant réclamé constitue une planche de salut pour les acteurs politiques congolais afin de baliser la voie vers les élections de 2016 en ayant tous le même entendement, la même compréhension sur les enjeux de 2016. Plutôt que de s’enliser dans des schémas susceptibles d’envenimer la situation, comme on l’a vu dernièrement avec la révision de la loi électorale, la Majorité présidentielle et l’Opposition politique devraient plutôt s’asseoir autour d’une même table en vue de s’accorder sur l’essentiel, à savoir les élections provinciales, sénatoriales, urbaines, municipales, locales, sans oublier les législatives nationales et la présidentielle. Tout cela devrait tourner autour d’un calendrier électoral global rassurant tout le monde.
Mais, pour y arriver, les uns et les autres doivent se retrouver autour d’une table pour en discuter sérieusement. Ce qui aboutirait, si les choses marchent normalement, sur un compromis politique définissant clairement les règles de jeu. Ce schéma permettrait ainsi d’avoir une accalmie capable d’instaurer une oasis de paix pendant la période électorale congolaise au point d’ailleurs que toutes les questions inquiétantes seront abordées avec assurance à la lumière du compromis intervenu entre les parties prenantes au processus électoral. Dans ce cas de figure, il ne s’agira nullement d’ouvrir une nouvelle transition, mais de baliser simplement la voie vers les élections attendues de pied ferme par l’ensemble des Congolais et, bien entendu, par la communauté internationale aussi.

LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DOIT EGALEMENT RASSURER LES CONGOLAIS

Aujourd’hui, la communauté internationale fait du dialogue entre les acteurs politiques congolais et du calendrier électoral global son cheval de bataille. Mais, cette même communauté ne devra pas se rebiffer lorsque les Congolais se seront accordés sur l’essentiel. Car, lors des élections de 2011, la communauté internationale n’avait pas apporté une contrepartie conséquente pour les élections. En dehors de quelques miettes enregistrées, rien de signifiant ou de concret au point que la RDC avait mis les bouchées doubles pour sauver les meubles. Car, là également, il ne suffit pas seulement de se limiter à intensifier les pressions. Il faut aussi savoir respecter la parole donnée en vue de permettre à la RDC d’être à la hauteur de la tâche. C’est cela le vrai défi dans un processus électoral dit sérieux.
Or, généralement, la communauté internationale lie tout à sa lecture de la situation, pour ne pas dire tout simplement à ses intérêts. Mais, premiers concernés par le processus électoral, les Congolais ont intérêt à s’accorder sur l’essentiel en respectant les prescrits de la Constitution. S’il fallait vraiment tout attendre de la communauté internationale, le processus électoral sera difficilement respecté en RDC. Car, les élections, c’est d’abord et avant tout l’affaire des Congolais. Voilà qui justifie la tenue d’un dialogue politique devant accoucher d’un compromis en rapport avec les enjeux attendus. Pas nécessairement sous les auspices de la Communauté internationale via la Monusco, les Congolais peuvent récupérer cette initiative sans se tromper de cible. Il suffit alors de parler le même langage.

UN DIALOGUE ENTRE LES FORCES POLITIQUES REPRESENTATIVES ET LA SOCIETE CIVILE

Le dialogue politique pour lequel on souhaite un compromis ne doit pas non plus ressembler à un fourre-tout. Mais, il doit comprendre les forces politiques représentatives et la société civile. Ainsi, de cette manière, il devra s’atteler à l’essentiel plutôt que s’éterniser comme les forums politiques souvent enregistrés au pays. A moins d’être appâté par les enjeux liés aux élections, certains partis politiques de l’Opposition soient à leur tour tentés par l’aventure gouvernementale. Car, ils pourraient contribuer à la tentative de glissement qu’ils reprochent à la Majorité en faisant le lit du pouvoir. Mais, si cela pourrait être sanctionné par l’issue du dialogue, il ne s’agira pas moins d’un compromis politique. Pourvu que l’on épargne à la RDC les incidents du genre de ceux enregistrés la semaine dernière à Kinshasa et dans certaines provinces de la RDC. M. M.

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