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GRAND DEBAT CACH-FCC SUR TOP CONGO
Kin-kiey Mulumba : du béton face à She Okitundu
lundi 30 novembre 2020

*De l’avis général, le leader du Parti pour l’Action l’a emporté.

Aussitôt après l’émission, la Toile s’est enflammée. De l’avis général, le leader du Parti pour l’Action, l’homme fort de Masi l’a emporté. Pour emprunter à la boxe, on a frôlé le K.O. Mais l’opinion publique, dans son rôle d’arbitre, a compté les points. Et les uppercuts de Kin-kiey Mulumba ont fait pencher la balance du côté du leader du parti du Crabe. KKM, comme l’appellent si affectueusement ses partisans, a su défendre les couleurs du CACH à un moment décisif.

Kin-Kiey Mulumba qui est à la fois dans la réserve de la République et sur le banc de réserve côté CACH, est monté sur le terrain tel ce joueur que l’entraineur utilise pour changer la physionomie d’un match. Coaching payant parce que KKM n’a pas raté son objectif. Face à She Okitundu, l’autorité morale du P.A. défend FATSHI, les arguments béton à l’appui. Kin-kiey Mulumba, très applaudi sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique, met en avant les intérêts du peuple et de la Nation face au juridisme des FCC. Trêve de commentaires. Forum des As, à la demande générale, publie de larges extraits de ce débat. « Jamais depuis les années Mobutu, on n’avait eu droit à un débat d’une telle qualité. » DK

Qu’attend le FCC des consultations et du discours présidentiel annoncé ?

She Okitundu: « Merci d’abord de m’avoir invité à cette émission pour débattre avec mon cher ami Tryphon Kin-Kiey Mulumba, de la situation politique dans notre pays, particulièrement après l’initiative prise par le chef de l’Etat de procéder à des consultations et pour voir, d’après lui, comment assurer une Union sacrée qui permet de résoudre la crise latente que nous vivons actuellement dans notre pays. Vous demandez ce qu’attend le FCC, je dirais tout simplement que l’initiative a été prise par le Chef de l’Etat et c’est le Président de la république, au terme de ses consultations, qui devra nous dire, maintenant qu’il a écouté autant de monde qu’il a voulu, quelle conséquence il veut en tirer. Au fait, la balle est dans le camp, peut-être de mon co-débatteur, parce que c’est lui qui représente le Cach et, quelque part, le Président de la république. C’est donc au Cach de nous dire qu’est-ce qu’ils veulent trier comme conséquence de ces consultations».

Vous ne craignez rien au FCC, puisque vous n’étiez pas de ces consultations…Vous n’avez pas idée de ce qu’il pourrait avancer, parce que cette coalition existe toujours ?

She Okitundu: Pour nous, la coalition existe toujours parce qu’elle n’a pas été formellement rompue. Je pense que la coalition a été formée entre le président de la république en fonction et son prédécesseur en tant que chef de la majorité parlementaire. Et comme vous le savez, pour ne pas entrer dans le fond du problème, le contexte qui prévalait à l’époque, justifiait qu’au lieu de lever l’option pour la cohabitation, parce qu’il y avait discordance entre la majorité parlementaire et la majorité présidentielle, on aurait pu vivre ici, pour la première fois, une cohabitation. Mais, voyant le caractère conflictogène de la cohabitation, je pense qu’il y a eu entente entre les deux responsables politiques, de plutôt œuvrer dans une coalition qui constituait un contrat de gouvernement, autant nous avons accepté au sein du FCC, d’associer les ministres CACH au Gouvernement. C’était ça, dans notre entendement. Mais l’implication, l’association des ministres CACH au Gouvernement devait se faire dans le respect de la Constitution. C’est-à-dire que la Constitution de 2006 a instauré dans notre pays, un régime parlementaire. Donc, dès lors qu’il y a discordance de majorité, inévitablement, l’effectivité du pouvoir appartient au chef du Gouvernement qui représente la majorité parlementaire au sein du bicéphalisme qu’il y a à l’Exécutif. Nous avons préféré la coalition. C’est pour cette raison que nous aurions voulu qu’avant que le Chef de l’Etat annonçât son initiative de procéder aux consultations, on aurait pu débattre de ce problème au sein de la coalition, avant de l’annoncer. Tel n’a pas été le cas. Nous avons été surpris comme tout le monde par la presse. Jusqu’à présent, la coalition demeure, parce que le Chef de l’Etat n’en a pas encore annoncé son retrait. Et donc, nous pensons que jusqu’à présent, celle-ci demeure et c’est au président de la république, initiateur de ces consultations, de nous dire quelle conséquence en tirer. J’ajouterais aussi que nous n’avons pas voulu participer à ces consultations, justement parce qu’on aurait voulu qu’on débatte de ce problème au sein de la coalition. Mais, par la suite, vous connaissez les événements, on a failli, en fin de compte, nous résoudre de participer, mais il y a eu quelques couacs qui n’ont pas permis à ce que nous puissions participer à ces consultations. Donc, pour l’instant, je crois que c’est mon contradicteur qui peut nous dire exactement, ou même essayer de nous dire ce que le Chef de l’Etat voudrait tirer comme conséquence par rapport à ces consultations qui viennent de prendre fin hier.

KKM : Bien, écoutez, Christian. Je vous remercie d’abord de m’avoir associé à ce débat. Deux fondamentaux. D’abord, j’ignore ce que dira le Président de la république, le jour où il décidera de prendre la parole pour s’adresser à son peuple. Je ne suis pas celui qui écoute aux portes du Président de la république. Je n’ai jamais rencontré le Chef de l’Etat pour parler des consultations avant son adresse du 23 octobre. La dernière fois que j’ai rencontré le président de la république, c’était au mois de février –on était ensemble- à Washington. Rassurez-vous Christian, même si je savais ce que dirait le Président de la république, je ne viendrais certainement pas le dire ici. Ca c’est le premier fondamental. Le deuxième, on m’appelle ici co-débatteur. Cette émission, journalistiquement parlant, n’est pas un débat. Un débat aurait pu avoir lieu si le Président de la république avait déjà levé l’option et qu’on se retrouverait ici et pour en débattre.

Question : on va débattre de ce qu’il pourrait faire…

KKM : «Exactement. Nous sommes dans une sorte d’émission qui s’apparente à la présentation d’hypothèses que pourrait lever le Président de la république. C’est vrai, les consultations font débat. Voire grand débat dans l’opinion nationale et à l’international. Mais, c’est vrai, il y aurait débat, je l’ai dit, si le Président de la république avait levé l’option. Il faut savoir que l’lorsque toutes les options seront sur la table du Président de la république, comme tout Chef de l’Etat, il va s’isoler, prendre de la hauteur, voir quelle option il pourrait prendre. Il sera seul, devant sa conscience. Personne, même pas un collaborateur, ne pourra lui dire voilà ce qu’il faut faire. Et d’ailleurs, dans son discours du 23 octobre, il a dit qu’il n’excluait aucune hypothèse, aucun cas de figure. C’est-à-dire même la poursuite de cette fameuse coalition que j’appelle d’ailleurs cohabitation. Donc, à tout moment, le Président de la république peut surprendre ses collaborateurs. Rappelez-vous Mobutu lors de ses consultations un certain 24 avril 1990 alors que 80% des Congolais, Zaïrois à l’époque, avaient opté pour la poursuite du MPR. Lui a préféré écouter la minorité et ouvrir le pays au multipartisme. Seul devant sa conscience. Alors, qu’est-ce que le Président de la république dira le jour où il décidera de prendre la parole, je n’en sais rien. Mais il est vrai que Mobutu, en annonçant ce multipartisme, j’imagine que vous étiez à la Cité de la N’Sele-moi j’y étais- contrairement à ce que ’on imaginait, il a eu droit à une sorte de «standing ovation». Tout le MPR s’est mis debout pour l’applaudir, alors que le MPR disparaissait. Cela veut dire quoi ? Que le Président de la république a écouté la majorité silencieuse. Et je suis convaincu qu’aujourd’hui, le Président Félix Tshisekedi, après la grande annonce qu’il a faite, après l’immense attente de la population, va écouter la majorité. Voilà ce que je peux vous dire.

Question : Vous-même étiez à ces consultations, vous-même, plusieurs fois, avez eu à faire des déclarations, invitant le président de la république à reprendre le contrôle du Gouvernement. Le Prof Kin-Kiey Mulumba du CACH, ressortissant ou notable du Grand Bandundu, souhaite donc que le Gouvernement changeât demain et que cette coalition n’existe plus ?

KKM : Je ne sais pas si j’avais dit ça, Christian. Je suis prudent pour dire ça. Le problème ici, c’est encore l’un des fondamentaux : les élections. Tout est parti des élections. Il y a eu deux volets : la présidentielle qui nous a donné un président élu. Shadary, le candidat qu’a soutenu mon ami d’en face, a concédé. Et bien, pour les autres, que ce soit les Kikuni, les Ifoku…tous ont concédé. Sauf un : Fayulu. Mais, tous ses soutiens ont concédé. Moïse, Bemba, Freddy Matungulu, Nyamwisi…tous ont concédé. Sauf un : Muzito. Et pourquoi il n’a pas concédé ? Il y a des gens comme ça qui peuvent se sentir martyrisés. En clair, la présidentielle a été une élection de cœur. Le Congo a élu un homme, Félix Tshisekedi, parce qu’une élection finalement, c’est la paix qu’elle apporte le lendemain. L’élection n’a de valeur que le lendemain. Lorsqu’il y a guerre civile, ce n’est pas une élection. Lorssqu’il y a la paix comme nous la vivons aujourd’hui, la paix de cœur, c’est une élection parfaite. Par contre, les législatives, parlons-en, c’est là où il y a eu des problèmes. Christian, vous avez dit que je suis du Bandundu. Oui, je vais parler de ce que j’ai vu personnellement. Et là, j’ai toute une histoire à raconter. Bandundu, Kwilu…Mais vous étiez le jour de la proclamation des résultats de ces législatives. On a appelé la province X, on a terminé avec les circonscriptions; on a appelé la province Y, on a terminé avec les circonscriptions. Arrive le tour du Kwilu, on prend une circonscription et puis, on saute. On se retrouve dans une autre province, on proclame et puis, on revient sur le Kwilu. Le Kwilu était proclamé quatre, six fois. Du désordre parfait ! On dit le crime n’est jamais parfait. Puis, et bien, il lève la séance. Tout le bureau qui proclamait lève la séance. Et c’est la sale qui hurle : Masi-Manimba, Professeur Kin-Kiey ! Masi-Manimba : Professeur Kin-Kiey! Le bureau se rassoie. Nangaa le président regarde son 1er vice-président Basengezi, Basengezi le regarde…Nangaa regarde Elodie qui proclamait, Elodie le regarde…gênée. Tout ça, devant les écrans et vous pouvez voir. Le plus courageux d’entre eux c’est Basengezi qui déchire une feuille de papier et qui se met à écrire devant les caméras, les noms qui lui sortaient de son cerveau. Les élus de Masi-Manimba ont été proclamés comme ça. Il prend la feuille, il donne à Nangaa. Nangaa regarde et sourit en direct et donne à Elodie. Elodie regarde et proclame. Ca c’est un. Des problèmes aux législatives. Autre chose que je peux vous dire, Christian, puisque vous le rappelez, quand on a commencé cette aventure démocratique électorale, je suivi par exemple, les pas du sénateur…Il a souffert pour se faire élire. Il est passé d’une circonscription à une autre. Il était même candidat plusieurs fois ici à Kinshasa. Mais on a vu des gens. Mayobo s’était présenté ici. Il a été battu ici à Kinshasa en 2006. Muzito battu ici à plate couture à Kinshasa alors qu’on disait que Kinshasa était le fief du Palu. Les élections pour moi, les plus ouvertes, les plus démocratiques, c’était en 2006. Voici deux géants du Palu qui étaient battus à plate couture. Aux prochaines élections, ils se retrouvent en provinces. L’un, Mayobo, va dans le Kwango alors qu’il est du Kwilu, l’autre, Muzito, va à Kikwit alors qu’il aurait pu aller à Gungu. Ce que je voulais dire, en 2006, le PPRD n’a eu qu’un député. Aux élections suivantes en 2011, ils ont raflé. Ils ont fait un triomphe. Et le 30 novembre 2018, c’était le plébiscite. Je me pose la question : le Kwilu a-t-il désormais des boulevards ? L’eau coule-t-elle partout ? L’électricité éclaire-t-elle tout le Kwilois ? Les hôpitaux, les écoles…Bref ? Comme je l’ai dit l’autre jour, nous sommes formés à Dubaï pour que d’un député en 2006, pour que le Kwilu puisse donner un triomphe au PPRD en 2011 puis faire ce plébiscite ? Rafler ! Le PPRD a tout raflé. Et, si vous allez aujourd’hui dans le Bandundu comme ailleurs en provinces… le pays a reculé deux cents ans en arrière. C’est comme hier. Kikwit aujourd’hui c’est une ville complètement abandonnée. Ce n’est même pas une ville. C’est un village. Les érosions sont partout. Non seulement en provinces. Même ici à Kinshasa. J’habite Binza. Pour venir ici, je dois traverser deux ou trois lacs. Les gens se déplacent sur des échasses dans la ville-province de Kinshasa. Quand il pleut, on tremblote parce qu’on va mourir. Voilà, le résultat économique, social du régime qui a raflé. Alors, nous avons donc un parlement dominé par le roc FCC. Et la Nation ? On a un Président de la république qui a un contrat signé avec le peuple congolais. Et c’est quoi ? Il se contente d’inaugurer les chrysanthèmes encore qu’on ne le voit pas en train d’inaugurer les chrysanthèmes…Certes Fayulu avait dit depuis Genève qu’il resterait Président de la République pendant deux ans. Mais Tshisekedi a un mandat. Il a un contrat. Qu’est-ce qu’il fait ? C’est le discours qu’il a tenu le 23 octobre. Il a demandé au FCC de venir. Le FCC aurait pu venir. Sa parole aurait été entendue. Le FCC a préféré la politique de la chaise vide qui ne paye pas. Voilà. Et aujourd’hui, le Président se retrouve là. Sans avoir écouté le FCC. J’espère que d’ici là, comme il l’a dit, les portes ne sont pas fermées. Le FCC viendra pour dire ce qu’il pense de cette initiative. Nous, nous ne parlons pas du Parlement parce que celui qui existe là-bas, est en contradiction avec la majorité. On va peut-être en parler.

Vous dites clairement que le parlement tel qu’il est défini ne devrait plus être la boussole pour le Président Félix Tshisekedi ?

KKM : Ecoutez. On a parlé de la souveraineté nationale. La souveraineté nationale s’exprime par les représentants que sont les députés nationaux investis par le peuple souverain. Il va pouvoir s’exprimer. Et aujourd’hui, quand on sent que ce parlement ne représente pas les intérêts du peuple, c’est le discours du Président de la république. Lisez-le. C’est un discours extraordinaire. J’ai le texte ici. Je peux donner lecture de ce discours de six minutes. Tout était dit. Et aujourd’hui, le Président de la république n’a pas du tout rejeté le FCC. Au contraire, dans sa chute, il a dit : «Tous les cas de figure sont sur la table. J’attends que le FCC vienne». Mais le FCC n’a pas voulu venir. Il a usé du chantage. Nous ne venons pas. Mais il y a eu rupture avec la population. Que voulez-vous que le Président de la république fasse ?

Les pouvoirs du Président de la République, qu’en dites-vous ?

KKM : J’ai écouté religieusement le Sénateur, nous avons un problème. Le Sénateur est en train de faire du juridisme alors que nous Congo à faire face à un pays qui n’existe pas. Est-ce que vous savez qu’on a aujourd’hui comme recette à la Banque centrale 600 millions de dollars. Ça ne fait même pas ce qu’a une banque de quartier dans des pays africains. Est-ce que vous savez que l’Etat profond est tenu par le FCC. Pétrole, mines, cobalt, cuivre, coltan, agriculture, bois, bâtiment, c’est le FCC. Toutes les grosses entreprises sont détenues par le FCC, tous les contrats signés par le FCC : Bukangalonzo, Immeuble intelligent, aéroport de ndjili, Transco, Congo Airways, Fibre optique, RVA, OVD, Office des routes. L’argent est entre les mains du FCC. Qu’est-ce que le Président de la République qui a un contrat avec le peuple a, lui qui conduit un mandat dont vous connaissez la durée ? Voilà le problème. On fait du juridisme. Moi je dis-nous avons un problème, comment faire ? C’est la question que le Président de la République a posé. Il a un contrat, un programme qui a été présenté devant le peuple congolais via les députés.

Aujourd’hui nous n’avançons pas. En clair, parce que je sais qu’ils sont terribles dans des stratégies, des officines, on peut en parler. Parlons élections. Il y a eu de gros problèmes dans ces élections-là.

Et aujourd’hui nous nous trouvons face à un allié qui est expert dans des stratégies. C’est quoi ? On leur concède la Présidence, et nous on prend le Parlement. Ils savaient que le pouvoir c’est au Parlement et ils ont passé le temps à lire la Constitution, finalement par le Premier ministre, nous le tenons. Et donc nous allons nous régner et gouverner , et lui sera là pour inaugurer le chrysanthème. Ce n’est pas possible. Il a cité la France, je suis content. Il a cité la constitution française, je suis content. Savez-vous comment on est passé de la 4ème République à la 5ème République ? Je connais l’histoire, parce que j’ai fait Science Pô. Et c’est le Général De Gaule qui a décidé. Pourquoi ? Parce qu’il faisait face à une crise majeure. Et aujourd’hui, nous sommes face à une crise majeure. Le Président de la République a toute autorité pour faire bouger les lignes, et je suis sûr qu’il va faire bouger les lignes.

Mr Kin-Kiey, vous avez cité le Maréchal Mobutu, vous citez maintenant le Général De Gaule. Vous êtes le représentant du CACH, est-ce que le Président Tshisekedi peut faire bouger les lignes ?

KKM : Je vous ai dit que je ne suis pas l’homme qui écoute aux portes du Président de la République. Je ne suis pas celui qui souffle, je ne me le permettrai pas. Je constate qu’il y a une crise majeure. Il y a une situation de cassure. Un peuple qui est cent mille fois plus pauvre aujourd’hui qu’hier. Et l’Etat profond tenu par le FCC. Ils disent lui a la Présidence, et nous nous organisons pour 2023, et on revient au pouvoir. Parlons Congo. Le Président de la République a dit quoi ? Il a dit chaque année 2 millions de jeunes congolais naissent dans ce pays, qui viennent s’ajouter à une population qui dépasse déjà 85 voire 90 millions. Qu’est-ce que nous avons aujourd’hui dans ce pays ? Quand on voit comment des gens ont tout dans leurs mains, il faut faire bouger les liens. Je pense que c’est l’un de leur, Luzolo Bambi qui parlait de 15 milliards de dollars. Il y a l’Inspection des finances qui est en train de suivre, qui fait du bon travail, mais on la critique. L’homme de la RVA qui est en prison, celui de l’Office des routes qui est sorti… faisons faire l’audit pour que notre Trésor public puisse disposer de 20 milliards de dollars…

Est-ce que vous savez que ce pays aujourd’hui se trouve en cessation de paiement. Il ne peut même pas envoyer un ministre en mission officielle à l’étranger. Dites-moi, dans la sous-région, quel pays se trouve devant cette situation ? On a 600 millions de dollars, et puis on va se contenter d’un Parlement ? Il faut des réformes. Au Sénégal on a fait des réformes, le Sénat a été enlevé. Il faut faire comment, la Constitution est là, le pouvoir revient au Président de la République. On ne bloque pas le Premier ministre, très bien, mais la population est là. Donc ne faisons pas le juridisme, voyons en face le problème des Congolais. Parce que tous on est comptables de cette situation. Si ça barde aujourd’hui, le Sénateur She Okitundu qui habite la Gombe va passer le fleuve, il va escalader le mur. Je ne lui souhaite pas ça et je ne me souhaite pas ça. C’est pour cela qu’il nous faut nous asseoir ensemble et trouver une réponse pour ce pays, pour ce peuple.

Ensemble avec le FCC ?

KKM : Oui, et je regrette qu’ils fassent la politique de la chaise vide. Ce qui correspond à du chantage. On ne peut pas faire du chantage au Président de la République, c’est inacceptable.

M. She Okitundu, stop au juridisme, le Président appelle à des résultats. Vous parlez d’un programme commun avec le CACH, aujourd’hui est-ce que le FCC peut se dire, contredisant le Président de la République, que cette coalition marche ?

She Okitundu : Tryphon a fait allusion au Général De Gaule, la grande particularité qui lui a été reconnue avant de fonder la 5ème République, c’est de consulter le peuple, le référendum ou la dissolution.

KKM : je suis pour le référendum.

She Okitundu : Je vous rappelle, la particularité du Général De Gaule, c’était de consulter l’arbitre suprême, le peuple. C’est comme ça qu’il a fondé la 5ème République.

Il a changé de constitution, on peut envisager aujourd’hui le changement de constitution ?

She Okitundu : Il a consulté le peuple. C’est pour ça que nous avons dit, si on ne veut plus du cadre actuel dans lequel nous évoluons, nous pouvons consulter le peuple, élections générales c’est-à-dire élections présidentielles et législatives. Comme ça le peuple tranche une fois pour toute tout à fait clairement. Nous n’avons pas dit que le Président devait inaugurer le chrysanthème… Faire référence à la constitution ne veut pas dire faire du juridisme. La Constitution c’est la loi fondamentale, il ne faut pas empêcher les gens de se référer à la Constitution sous prétexte que l’on fait du juridisme. Le Gouvernement dont parle Tryphon KKM, il est là avec la participation des ministres CACH, et pas de moindres. Des ministères régaliens, Intérieur, Affaires étrangères. Aujourd’hui le ministère de la Justice est entre leurs mains. A tous les niveaux il y a des garde-fous partout dans la gestion gouvernementale. Tout le monde se surveille. Là où il y a un ministre CACH, il y a un vice-ministre FCC et vice-versa. Le Gouvernement est CACH et FCC. Aujourd’hui nous assumons tous la responsabilité devant le peuple par rapport au programme que nous avons élaboré et sur la base duquel le Gouvernement a été investi. Arrêtez de dire que nous avons voulu que le Président de la République inaugure le chrysanthème, non. Nous voulons que le Chef de l’Etat assume ses responsabilités. Le Président préside, et le Gouvernement gouverne. C’est là la grande divergence que nous avons. Il ne peut y avoir un programme présidentiel, il y a un programme gouvernemental. Et ce programme gouvernemental a été déterminé en concertation avec le Chef de l’Etat.

Aujourd’hui, si ça ne marche pas au niveau du Gouvernement, c’est une responsabilité collective ? KKM ?

KKM : J’ai une question, que fait aujourd’hui le chef du Gouvernement face au Président de la République ? Pensez-vous qu’il est en collaboration avec le Président de la République ? Nous sommes retombés dans la cohabitation. Il y en a eu trois ou quatre en France. Un Premier ministre qui répond au Président de la République par voie des communiqués de presse, par des communicants. La Présidente de l’Assemblée nationale qui répond au Président de la République par voie de communiqué de presse. Nous sommes en crise. Contrairement à ce que le Sénateur dit, nous sommes dans une crise majeure. Relisez le discours du Président de la République. J’ai ici des phrases adorables du Général De Gaule. « Le peuple français doit trancher par lui-même pour ce qui est essentiel à son destin.

Au moment où She Okitundu parle d’élections, vous parlez de changement constitutionnel. Est-ce bien ça ?

KKM : Je veux qu’on se mette d’accord. Je ne suis pas à nouveau celui qui chuchote à l’oreille du Président de la République. Je vous dis ceci : Nous sommes face à une crise majeure, et le Général De Gaule a fait faire trois référendums. La démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple. Et la souveraineté nationale, c’est le peuple exerçant sa souveraineté sans entraves. Et il dit « le référendum est le dernier acte de l’œuvre constitutionnelle. Il procure au peuple français la faculté de me donner de me raison ou tort sur un sujet dont son destin allait dépendre pendant des générations ».

Mr Kin-kiey vous citez Général De Gaule, vous parlez référendum, mais il faut que nos auditeurs comprennent bien à quoi conduit le référendum. Référendum sur un point particulier ou référendum sur un texte de la constitution ?

KKM : Je suis en train de vous dire que nous sommes face à une crise majeure exactement comme devant laquelle se trouvait le Général De Gaule. Puisque le Sénateur a cité la Constitution française, pendant la 4ème République il a changé et on s’est retrouvé dans la 5ème République en France. C’est celle que nous imitons aujourd’hui. Pourquoi on ne passerait pas à l’autre République aujourd’hui par voie référendaire ?

Le référendum, je vais vous dire en quoi ça me séduit, on ne va pas dépenser 200 ou 600 millions de dollars. C’est’plus facile à organiser un référendum plutôt qu’à envoyer dix mille candidats battre campagne en province et dans la ville de Kinshasa pour 500 sièges. Nous pouvons faire l’économie. Et face à cette crise majeure, une crise que je peux appeler une crise d’Histoire. Le Président de la République élu démocratiquement, face à un Parlement qui ne correspond pas à sa vision, un discours de 6 minutes, martial, il appelle l’autre partenaire pour dire je suis ouvert, venez à ma table nous allons discuter de ce pays. Il refuse, que voulez-vous que le Président de la République fasse ? Qu’il laisse se détruire ce peuple qui est déjà retourné deux cents ans en arrière? Et qu’il laisse une minorité s’enrichir chaque jour? Aujourd’hui l’Inspection générale des Finances est coincée, que chaque fois qu’elle ouvre une action, elle est bloquée. Les juges aussi sont bloqués. Face à un mur, il faut faire bouger les lignes.

Référendum sur quelle question particulière ? Je ne suis pas le Président de la République.

KKM : Quand le Général De Gaule a voulu faire le référendum, il a annoncé sur plusieurs matières : sur le Sénat, sur l’Université, sur je ne sais plus quel autre point… Il était tellement porté par le référendum, quand il a posé une question et quand le peuple français lui a dit non à 69 %, il est parti. Donc ça montre la grandeur de l’homme. Aujourd’hui, c’est la même chose. Pensez-vous qu’aujourd’hui une question posée aux Congolais face à cette majorité FCC, pense-vous que le Président ne gagnerait pas le référendum ?
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