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RDC : Au-delà des poursuites judiciaires, s’interroger sur les mobiles du tribalisme
lundi 21 septembre 2020

Le Gouvernement congolais s’en va-t-en guerre contre le tribalisme sur toute l’étendue du pays. Désormais, tout auteur de propos à connotation clanique, ethnique sera traduit en justice. C’est ce qui ressort de la 49ème réunion du Conseil des ministres, présidée en mode vidéoconférence le vendredi 18 septembre, par le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

Cette décision du Gouvernement congolais, fait suite à la propension de discours haineux et régionalistes, observée depuis quelques mois sur la place publique. Notamment, dans les médias traditionnels privés. Mais beaucoup plus sur les réseaux sociaux. Ici, des internautes, au nom de leurs obédiences politiques et surtout leurs appartenances ethniques, s’échangent des injures sans le moindre filtre. C’est donc ça, la principale faiblesse de ces nouveaux médias qui n’offrent à personne, le pouvoir de censurer un contenu indésirable. Moralité, tout passe.

Toutes proportions gardées, si dans les médias sociaux, ces dérives langagières restent le privilège des Congolais ayant la possibilité d’y accéder, ce n’est pas le cas avec celles relayées par la radio et la télévision privées dans leur pluralité. Au nom de la dictature de l’offre, ces médias de masse atteignent indistinctement leurs cibles. Surtout lorsqu’il s’agit des émissions en direct où le présentateur ne peut rien sélectionner. La plus grande leçon à tirer de ce phénomène, est que la population s’en trouve exacerbée et offusquée.

Toutefois, la mesure prise par le Gouvernement de traquer les auteurs de propos tribalistes, est saluée par la population. Surtout à Kinshasa où ces discours séparatistes, devenus un véritable phénomène de société, tend à anéantir la nécessaire cohésion nationale. Secret de polichinelle, le changement de régime politique intervenu depuis le 24 janvier 2019 en RD Congo, a quelque peu redoublé le sentiment ethnique dans le pays. Il s’agit donc là, d’une triste réalité qui n’échappe à aucun acteur politique.

DES VALEURS HUMAINES

Vu des observateurs épris de cohésion nationale, la décision de lutter contre le tribalisme en RD Congo n’est pas seulement une démarche constitutionnelle. Mais beaucoup plus une approche qui participe à la bonne moralité.

Lorsqu’ils évoquent la constitution du 18 février 2006, en vigueur au pays, les mêmes analystes rappellent les dispositions de l’article 13. Ici, le constituant postule clairement «qu’aucun Congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son origine familiale, de sa condition sociale, de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique».

De l’interprétation de l’article sus-évoqué de la Constitution, on retient qu’il est interdit de stigmatiser qui que ce soit, pour raison de sa race, sa province d’origine, son appartenance ethnique…C’est des valeurs humaines qui devraient guider l’action de l’acteur politique congolais. Hélas que la réalité, la pratique sur terrain soit quelque peu en contradiction avec ce principe. Comme quoi, dire et faire sont deux.

Que les dirigeants congolais décrètent une fatwa contre les auteurs de discours aux relents tribalistes, personne ne s’opposerait. Cependant, ce phénomène déploré par tous, ne doit pas être analysé de manière isolée. Autrement dit, la lutte annoncée contre le tribalisme ambiant en RD Congo oblige une approche holistique. Car, ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on peut prétendre baisser la fièvre. Ceci dit, après qu’il a annoncé des poursuites judiciaires contre ceux qui tiennent allumé, le flambeau du régionalisme, du tribalisme au pays, le Gouvernement gagnerait en s’interrogeant sur le vrai mobile de ce phénomène.

CE N’EST PAS UN FAIT NOUVEAU

Rien de nouveau sous le soleil. Le tribalisme dénoncé à ce jour n’est donc pas un sentiment qui vient de naitre. Bien au contraire. Dans ce pays continent, les différents peuples sont généralement désignés en fonction de leurs origines. Surtout dans les principales agglomérations de la RD Congo. C’est ainsi que dans des quartiers populaires de la ville de Kinshasa, par exemple, on entend facilement : «Ce Muswahili», «ce Muluba», «Ce Mungala», ou «ce Mukongo»…Tout va donc avec les 450 tributs qui composent le pays. Cette diversité culturelle, plutôt que d’être source de richesse, s’avère être l’une des causes du plus grand malheur du pays.

Bien que le tribalisme ne soit pas un phénomène nouveau, d’aucuns pensent cependant, qu’il a pris des proportions inquiétantes à ce jour. A qui la faute ? D’où vient le mal? D'où tire-t-il ses racines ? Que faire pour freiner l’élan de sentiment assorti de ressentiment ? A toutes ces questions, des observateurs se retournent vers l’acteur politique congolais, considéré comme l’«instigateur» indirect du tribalisme. Partant, lorsqu’on s’interroge sur la motivation profonde du tribalisme, plus d’un pense que c’est d’abord dans le comportement de l’homme politique congolais et, ensuite, dans le chef de certains compatriotes, visiblement ivres du lait.

Dès lors que l’accession d’un acteur politique à une fonction devient une affaire de sa province, de son ethnie ou de sa tribu, cela ne peut que provoquer des frustrations, des remous dans l’autre camp. Il suffit de faire un tour dans des cabinets politiques pour s’en rendre compte. En d’autres termes, l’autorité ainsi nommée recrute ses collaborateurs parmi les ressortissants de sa province, de son ethnie. Comme qui dirait : «Dis-moi la tribu du ministre et je te dirai quelle est la «langue officielle» du cabinet» !

«Je ne serai pas le Président d’un parti politique, l’UDPS, d’une tribu, la tribu luba. Je serai le Président des Congolaises et des Congolais», avait déclaré l’actuel Chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi, quelques minutes après la publication, le 10 janvier 2019, des résultats provisoires de la présidentielle du 30 décembre 2018. Il savait de quoi il parlait.

Toujours au sujet du tribalisme, feu le maréchal Mobutu s’adressant aux dirigeants du Zaïre, lors d’un meeting à Kinkole, avait déclaré : «Un ressortissant de ta province dans ton cabinet, je tolère. Deux ressortissants, je tolère. Trois, dehors !» Comme pour dire que la pratique n’est pas nouvelle.

Tout bien considéré, la lutte contre le tribalisme exige l’implication en amont, des dirigeants congolais. Ces derniers doivent prêcher par le bon exemple. Ce n’est pas en nommant majoritairement des originaires de sa province, de sa tribu…qu’on pourrait combattre cette pratique, à mille lieues antinomique à l’idéal de la cohésion et l’unité nationale. On ne doit plus entendre aujourd’hui, des déclarations du genre : «c’est notre tour». La meilleure manière de lutter contre le tribalisme aujourd’hui dans la société congolaise, c’est justement l’anti-tribalisme. Le défi est d’autant plus énorme que les partis politiques sont eux-mêmes tribalisés. D’où, l’impératif d’un travail de fond à la base, pour cimenter l’idéologie du parti. Grevisse KABREL
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