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ATTAQUE CONTRE LE BUREAU DE COORDINATION DU PARTI DE FAYULU
L’ECIDé accuse l’Udps
vendredi 4 septembre 2020

Un groupe de personnes non clairement identifiées ont "saccagé" hier jeudi 3 septembre, dans la matinée, le Bureau de coordination du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé), situé à la 4ème rue Limete. Dans leur "rage", les assaillants ont emporté drapeaux et autres symboles du parti, avant de détruire plusieurs objets du bureau, affirme Devos Kitoko, secrétaire général du parti cher à Martin Fayulu, cité par le site d'information en ligne 7SUR7.CD.

Selon des témoignages recueillis sur place par le même média en ligne, ce groupe de jeunes gens en colère, entonnaient des chansons hostiles à Martin Fayulu, à la suite de ses propos tenus dernièrement, en rapport avec les ordonnances du 17 juillet du Président Félix Tshisekedi, portant nomination à la Cour de cassation, des deux juges de la Cour constitutionnelle, Noël Kilomba et Jean Ubulu.

D'ores et déjà, l'ECIDé exige l'ouverture des enquêtes pour connaître l'identité et l'obédience politique de ces personnes. Cependant, en attendant le début effectif et l'aboutissement de ces recherches, la formation chère à l'opposant Martin Fayulu accuse les militants de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principal parti au pouvoir au sommet de l'Etat en RD Congo.

"Aujourd'hui le matin, vers 9h00, un groupe bien identifié des militants de l'UDPS sont venus massivement, certains à motos et d'autres à pied, s'attaquer à notre bureau de la coordination de Limete sur 4ème rue. Ce bureau est dirigé par Mme Chantal Muboni, coordonnatrice de notre section Limete qui est en même temps, secrétaire nationale en charge de la communication de notre parti politique. Elle est bien connue parce qu'elle est aussi communicatrice de LAMUKA", déclare Devos Kitoko à 7SUR7.CD.

Par ailleurs, le SG de l'ECIDé renseigne au même média qu'en plus des objets matériels soit emportés, soit détruits sur place, ces jeunes gens "enragés", ont proféré des menaces mortelles, soutenant que Chantal Muboni et son président Martin Fayulu sont en train de chercher la destitution de leur président Félix Tshisekedi. "Lorsqu'ils auront Mme Muboni, elle en aura pour son compte. Et ils sont partis", a raconté Devos Kitoko qui a promis "une réplique appropriée" tant sur le plan politique que judiciaire.

NON A UNE PENSEE UNIQUE

"Trop, c'est trop ", gronde le parti de Martin Fayulu qui, par la bouche de son Secrétaire général, fustige avec véhémence, toute tendance par l'UDPS, à vouloir délibérément installer une pensée unique en RD Congo. L'heure étant grave, l'ECIDé n'entend pas minimiser l'événement survenu hier jeudi au bureau de sa coordination de Limete. Une rencontre des cadres du parti est prévue à cet effet, pour tirer toutes les conséquences de cette situation.

"On aura une réunion de crise pour examiner la situation, parce que trop c'est trop. À Kananga, notre secrétaire exécutif provincial a été poignardé à l'angle supérieur de son œil droit par des militants de ce même parti politique. Nous avons porté plainte et l'instruction est en cours. C'est inadmissible. Nous sommes en train de condamner et de protester. Nous n'allons pas tolérer ça. On ne va pas croiser les bras", a protesté Devos Kitoko.

"On ne peut pas comprendre que des militants d'un parti politique qui réclame l'État de droit, versent paradoxalement dans l'arbitraire et dans l'extrémisme, jusqu'à développer une intolérance telle que personne ne veut entendre un son de cloche contraire au leur, surtout par rapport à celui qu'ils appellent leur président. Ce n'est pas possible. Ce n'est pas nous qui avons envoyé Félix à violer la Constitution. Il l'a violée et il doit s'attendre à ce qu'il y ait des protestations. Nous ne sommes pas des moutons dans ce pays", a déclare sur un ton de révolte, le secrétaire général du parti de Martin Fayulu.

VIVEMENT LA TOLERANCE POLITIQUE A LA BASE

De retour au pays, le samedi 22 août dernier, après près de six mois d'une tournée euro-américaine, Martin Fayulu est, depuis quelques jours, dans l'orbite de l'Udps. Au cœur de l'emportement généralisé au parti au pouvoir, les propos de Martin Fayulu, en réaction aux ordonnances du 17 juillet dernier du Président Félix Tshisekedi, portant nomination des juges constitutionnels Noël Kilomba et Jean Ubulu à la Cour de cassation.

Se rallant au point de vue de Théodore Ngoy, l'un des candidats malheureux à la présidentielle du 30 décembre 2018, Martin Fayulu a considéré que les ordonnances mises en cause, ont été prises en violation de la Constitution. Ce, avant d'ajouter que ces actes exposent le président Félix Tshisekedi à des poursuites judiciaires pour "haute trahison".

"Nous disons ici nous voulons construire un État de droit. Ce n'est pas un mot qu'on lance en vain, il faut que les actes suivent. Monsieur Tshisekedi le sait, il est illégitime. Non seulement, il est illégitime, maintenant il pose des actes en violation intentionnelle de la Constitution. On ne peut pas laisser passer cet aspect des choses. C'est pour cela je soutiens totalement l'action de maître Théodore Ngoy. Je dis à la population, je dis à tout le monde, monsieur Tshisekedi court un risque énorme, il doit être traité de haute trahison", avait déclaré Martin Fayulu, à l'issue de sa rencontre avec Théodore Ngoy, avocat des deux juges précités.

Depuis, l'Udps et l'ECIDé sont entrés dans une sorte de guerre qui se traduit d'abord, par des envolées oratoires, avant les actes de destruction d'hier que le parti de Fayulu attribue au camp adverse. Sur les réseaux sociaux, les partisans des deux camps s'illustrent également par une sorte d'intolérance politique, parfois empreinte d'injures faciles.

Sans entrer dans cette guéguerre entre les deux formations politiques, des analystes non engagés posent quand même quelques questions de fond. La première est celle de savoir si, Martin Fayulu, en tant que citoyen congolais, a le droit de considérer que tel ou tel acte posé par le Chef de l'Etat, a été posé en violation de la Constitution. La réponse est sans doute oui. Martin Fayulu, comme acteur politique, de surcroit opposant, a-t-il aussi la liberté d'aller devant l'organe compétent pour juger la constitutionnalité des actes du Président de le république ? La réponse est aussi oui. Martin Fayulu, en tant que président d'un parti politique, a-t-il également le droit de s'allier à un autre parti ou groupe politique de son choix? Ici aussi, on répondrait sans atermoiement par l'affirmative.

Partant de ce questionnement aux réponses sans équivoque, les mêmes analystes se demandent sur les vraies motivations de la colère ambiante contre Martin Fayulu ? Qu'est-ce qui justifie cet emportement ? Si Martin Fayulu pose un problème de droit, plus d'un observateur estime qu'il appartient au camp lésé de lui opposer également un argumentaire à l'aune des textes réglementaires. Et, c'est de bonnes guerres. C'est aussi ça, l'Etat de droit.

A partir du moment où la démocratie reconnait à chaque citoyen, le droit d'exprimer librement ses opinions, ce pluralisme doit être soutenu par une tolérance politique mutuelle. Sinon, bienvenue le totalitarisme. Ce qui serait paradoxal à l'idéal commun de faire de la RD Congo un Etat de droit clamé par tous.

On rappelle que, dans le procès contre Martin Fayulu, ses adversaires l'accusent notamment, de voler en douces noces avec le camp du Président de la république honoraire, Joseph Kabila. Ici aussi, d'aucuns pensent qu'il s'agit-là d'un faux procès. Question, qui de l'UDPS et de l'ECIDé, est à ce jour formellement en accord avec le camp Kabila qualifié de "pestiféré" ? A l'hypothèse que Martin Fayulu ait effectivement flirté avec le FCC, on ne voit pas en quoi il aura violé les textes légaux ? Sinon, en tant qu'acteur politique, libre à lui de choisir avec qui composer. Grevisse KABREL
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