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A qui attribuer les morts sous " l’Etat de droit ? "
lundi 13 juillet 2020

Question d'un observateur après les manifs du jeudi 9 juillet : "après l'Etat de droit est-il égal à avant l'Etat de droit ?" . Dans la mouvance du soixantième anniversaire de l'indépendance, cette interrogation fait , certes , penser au Général Emile Janssens.

Mais , là n'est pas le sujet . Le propos de cet analyste se fonde sur le fait que même sous "l'Etat de droit" , les marches dites pacifiques se soldent toujours par des casses , des pillages et .. . surtout des morts par balles .

Cela a été, hélas, le cas le jeudi dernier. Même si le nombre de victimes est encore sujet à polémique , une chose est certaine : le sang a coulé. Comme d'habitude.

Problème, jusqu'il y a peu, en cas de morts à l'occasion des manifestations publiques, le responsable était tout désigné : Joseph Kabila. Un verdict sans appel. Aucune circonstance atténuante pour l'ancien Président. Pas l'once du contradictoire.

La sentence du procès instinctif donc plus qu'expéditif était rendue sur le champ. Les oppositions, la presse d'ici et d'ailleurs, les organisations de défense des droits de l'homme relayées par leurs centrales outre-Atlantique et outre-Méditerranée assuraient illico presto le service après-vente de la fatwa.

La nouvelle était portée aux quatre coins du vaste monde. Comme en écho du jugement, des condamnations à la chaîne tombaient. Des sanctions s'en suivaient. Des barons du Régime d'avant "Etat de droit" étaient stigmatisés, ostracisés, black listés…

Un rituel qui se renouvelait à chaque manif. Joseph Kabila était ainsi installé dans le rôle du coupable permanent. Le Raïs devenant ainsi un sacré client pour les défenseurs des droits de l'homme. Ses collaborateurs de l'appareil politico-sécuritaro-policier tenus invariablement pour responsables de l'exécution des basses besognes. Qu'importe le contexte.

Le propos n'est pas de plaider pour les tenants du Pouvoir précédent. Ils ont leur part de responsabilité dans la répression avec morts d'hommes notamment lors des marches et autres meetings de l'opposition d'alors. En la matière, on n'avait pas toujours affaire à des saints.

Mais, ô tempora, ô mores, le sang n'a pas cessé de couler avec l'avènement du Régime estampillé "Etat de droit". Symétriquement, voire intellectuellement on devrait assister au même procès tant il est vrai que la mécanique de la répression est la même. Et le sang n'a pas changé de couleur. Seuls les acteurs à la manœuvre ont changé.

A la place, les jurés d'ici et d'ailleurs sont au mieux au service minimum et, au pire, aux abonnés absents. Certains trouveraient matière à brandir la boutade de l'inénarrable " Ya Mungul " selon laquelle le véhicule est le même et qu'on a juste changé le chauffeur.

Colonialiste ou paternaliste- c'est selon- devant l'Eternel, le Général Janssens n'aurait sans doute pas boudé cette formule interrogative le paraphrasant: "Après l'Etat de droit est-il égal à avant l'Etat de droit ? " Le débat est lancé. José NAWEJ
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