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"TEMPETE DE SABLE" AU SIEGE DU PARTI PRESIDENTIEL
Udps : la rançon des décennies d’une critique systématique
lundi 16 mars 2020

Plus rien ne va au sein de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Jeudi 12, vendredi 13 et samedi 14 mars, une "tempête de sable" a secoué le très "sacré" siège national du parti au pouvoir, situé à la très symbolique 11ème rue du quartier résidentiel de la commune de Limete. Depuis, aucun rassemblement des combattants n'est autorisé dans le périmètre du Q.G. de l'Udps, désormais placé sous la garde des éléments de la Police nationale congolaise (PNC).

Question. Qu'est-ce qui pourrait expliquer cette situation de chaos au sein du parti présidentiel? Plusieurs thèses sont entendues dans les milieux des combattants de ce grand parti de masse qui, pendant plusieurs décennies, a tenu toujours allumée, la flamme de l'Opposition contre feu le maréchal Mobutu, M'zee Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila.

Dans la foulée, un groupe de combattants accuse le tandem Jean-Marc Kabund - Augustin Kabuya, respectivement président ad intérim et secrétaire général intérimaire du parti, d'avoir pris le contrôle du pouvoir à leur guise.

Pour cette frange de la base du parti de la 11ème rue Limete, après la présidentielle du 30 décembre 2018 qui a porté le président de l'Udps au pouvoir au plus haut sommet de l'Etat, l'heure a finalement sonné pour organiser le Congrès, seule structure statutaire capable de doter le parti de nouveaux dirigeants. Ainsi, on aura évacué l'hypothèque des dirigeants intérimaires que sont le Président et le secrétaire général du parti du 15 février 1982.

Par contre, un autre camp est celui qui crie à leur situation de non emploi. Pour ces combattants, l'arrivée de leur parti politique au pouvoir depuis le 24 janvier 2018, n'a rien encore changé dans leur vécu. Principalement en ce qui concerne l'accès à l'emploi.

Ici aussi, les partisans de cette thèse accusent les dirigeants de leur parti, de privilégier des combattants de la 24ème heure , au détriment de la véritable base qui, pendant plusieurs années, a bravé la dictature de Mobutu, parfois jusqu'au sacrifice suprême de certains combattants.

LE RESULTAT DES DECENNIES D'UNE CRITIQUE POUR LA CRITIQUE

Sans entrer dans la querelle de chapelles actuelle à l'Udps, plus d'un analyste pense que cette situation est la rançon des décennies d'une critique systématique. Ici comme ailleurs, la plupart des partis battant pavillon opposition, tombent généralement dans le piège de ce que d'aucuns qualifient de démagogie de bon sentiment. En RD Congo, l'Udps et le Parti Lumumbiste unifié (PALU) de feu Antoine Gizenga, n'y ont pas échappé.

L'opinion se rappelle que, pendant plus de trente ans, ces deux partis politiques de masse ont passé tout leur temps à critiquer systématiquement le pouvoir qu'ils proclamaient combattre. Une critique pour la critique, sans la moindre alternative. Le manque d'emploi pour la masse laborieuse, le déficit chronique observé dans la desserte d'eau et d'électricité, l'absence ou l'insuffisance criante d'infrastructures de base (routes de desserte agricole, écoles et hôpitaux) ont constitué, pendant des décennies, l'arme fatale utilisée par l'Udps et le Palu, pour dresser les Zaïrois d'hier, aujourd'hui Congolais, contre les régimes de Mobutu, M'Zee Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila.

Aux yeux du Congolais lambda, les deux partis ont longtemps été considérés comme l'incarnation de la vertu. Par conséquent, le vice était le pouvoir en place. Cependant, il s'avère que ces partis politiques, une fois arrivé au pouvoir, ont du mal à relever les mêmes défis reprochés aux différents régimes qu'ils combattaient par le passé.

Prenons le cas Palu. Pendant plusieurs années, ce parti politique a réussi à construire un véritable mythe autour de lui, au point de faire croire aux Congolais qu'il était la solution à toutes leurs misères.

Mais, au pouvoir en 2007, le parti de feu le patriarche Antoine Gizenga, a tout de suite été démystifié. Les espoirs créés dans l'esprit des Congolais ont tourné à la désillusion.

Voilà qu'après le Palu, le parti de Félix Tshisekedi, au pouvoir depuis janvier 2019, affronte la même situation. Les deux partis politiques semblent partager le même contexte politique de leur arrivée au pouvoir.

Si le premier a acquis la Primature à la suite d'un partenariat signé le 30 septembre 2006 avec l'ex-Alliance pour la majorité présidentielle (AMP), l'Udps elle, est au pouvoir en coalition avec le Front commun pour le Congo (FCC), du président honoraire Joseph Kabila. Dans l'un et l'autre cas, on comprend bien la marge de manœuvre des dirigeants de ces deux partis.

FACE AUX MULTIPLES DEFIS…

Félix Tshisekedi, comme son prédécesseur, est arrivé au pouvoir dans un écosystème politique à plusieurs défis. Entre autres, créer l'emploi pour la jeunesse, estimée à plus de la moitié de la population active du pays.

Fort de ces estimations, le rêve de donner un travail rémunérateur à tout combattant de l'Udps, en guise de récompense à toutes les années passées dans la lutte, devient un cauchemar pour les dirigeants du parti au pouvoir. Il s'agit-là, d'une évidence qui ne devrait échapper à personne. Partant, plus d'un observateur pense qu'il appartient, dès lors aux gestionnaires de l'emblématique formation politique de la 11ème rue, de trouver des actes de langage appropriés dans leur communication à la base.

Toutes proportions gardées, la situation du Palu et de l'Udps, présente quelques similitudes près, avec celle du Congrès national africain (ANC), de l'immortel Nelson Mandela en Afrique du Sud.

Ce parti qui a passé plusieurs années dans la lutte contre l'apartheid ou ségrégation raciale, a finalement payé de sa stabilité après le décès de son icône, le 5 décembre 2013 à Houghton Estate à Johannesburg. L'avènement de Thabo Mbeki et de Jacob Zuma au pouvoir au sommet de l'Etat sud-africain, avait créé beaucoup de frustrations. En dépit du fait qu'il soit majoritaire à l'Assemblée nationale, l'ANC n'est plus à ce jour, ce qu'il a été sous Nelson Mandela.

Au regard de l'exacerbation actuelle de la colère de sa base, plusieurs questions se posent des questions dans l'opinion. A savoir où va le parti présidentiel? Pour combien de temps va durer la confusion au sein de l'Udps? Jusqu'où irait la base du parti dans sa méfiance vis-à-vis de leur parti politique ?

Toutefois, des observateurs de plus en plus nombreux, pensent que quelle que soit l'issue qui sera trouvée, l'Udps y laissera quelques plumes. Comme le Palu. Grevisse KABREL
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