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EVENTUALITE DE LA DISSOLUTION DE LA CHAMBRE EVOQUEE A LONDRES PAR LE CHEF DE L’ETAT
Mabunda oppose les articles 148 et 165 à Fatshi
mercredi 22 janvier 2020

* Pour la première des élus, il n'y a pas pour le moment de crise entre les institutions pour qu'il y ait dissolution du Parlement. En outre, le Président de la république est tenu de consulter les Présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale et le Premier ministre avant toute décision, au risque de tomber sous le coup de haute trahison, en violation de la Constitution.

La Présidente de l'Assemblée nationale a tenu hier à éclairer l'opinion sur le danger d'une éventuelle dissolution du Parlement, évoquée par le Président Félix Tshisekedi à Londres. Brandissant les dispositions des articles 148 et 165 de la Constitution, Jeanine Mabunda estime qu'il n'y a pas de crise entre les institutions, et qu'il faut plutôt canaliser les énergies vers le social du Congolais. Verbatim.

"En tant que présidente de l'Assemblée nationale, j'ai la charge d'encadrer 500 députés. Il y a parmi eux 337 (élus) du FCC, 48 de la coalition CACH et plus d'une centaine de la plateforme politique de l'opposition Lamuka, où on trouve le MCR, le MLC et le parti cher à Moïse Katumbi. L'Assemblée nationale s'avère ainsi un lieu où se retrouvent toutes les sensibilités.

Et donc, la coalition FCC-CACH ne peut pas se substituer, dans son fonctionnement, aux aspirations diverses et variées - fussent-elles minoritaires - qui ont été exprimées par les citoyens électeurs congolais. Et cette mise en garde est importante, parce qu'il faut éviter des propos partisans.

Cela étant, j'appartiens à la coalition CACH-FCC. Au sein du FCC, j'ai été désignée par mon parti, le PPRD. Et donc, par rapport, à l'état de la coalition, il est important de dire que tout partenariat politique est un exercice délicat et difficile. Ça peut ressembler à un mariage. Et dans un mariage, il y a des hauts et des bas.

La coalition CACH-FCC, vous le savez, est régie par un accord où chacun de partenaires a un espace de mouvement, d'action, d'interaction avec l'autre partenaire. Et cet accord sous-tend l'évolution institutionnelle que nous observons à différent degré au sein de la République.

En tant que présidente de l'Assemblée nationale en cette année, à voir le travail abattu par notre coalition, je pense qu'on ne peut pas désespérer. Les démarrages ont été un peu difficiles pour mettre en place les institutions. Mais, cela étant, nous avons approuvé un programme du Gouvernement au mois d'août, avec plus de 300 voix. Ce qui confirme la solidité de cette coalition.

Nous sommes arrivés, avec la coalition, à l'approbation du budget 2020 avec quelques 419 voix. Et c'est supérieur aux 395 voix de la majorité (à la Chambre). C'est pour dire qu'avec le projet que nous voulons partager avec les Congolais qui nous ont élus, nous avons obtenu un consensus même avec une partie de l'opposition. C'est déjà une robustesse de la coalition.

Je pense aussi que le peuple congolais s'est exprimé. Et ce n'est pas par hasard qu'ils ont voté un Président de la république issu de l'Opposition. Ce même peuple congolais n'a toutefois pas donné la majorité parlementaire au chef de l'Etat, mais plutôt au FCC. Je crois que c'est parce que le Congo est un pays de consensus, un pays d'équilibrisme.

Les Congolais sont très soucieux du respect de la diversité et de la sensibilité des uns et des autres. Et finalement, avec ce vote, nous avons un Président de la République élu, avec un petit nombre de députés, 48 ! Une majorité parlementaire qui lui est apportée par le Président honoraire, au travers du PPRD et d'autres partis partenaires du FCC.

Eh bien ce message, ce n'est pas nous qui l'imposons. Nous sommes plutôt guidés par le droit de l'électeur qui a dit : "Je veux bien d'un changement démocratique en RDC, mais je veux d'abord mettre des garde-fous. Pas trop de pouvoir d'un côté ou de l'autre. Je les oblige à se marier ensemble. Parce que ça aura un effet d'équilibrisme. En tout cas, l'Assemblée nationale et moi-même, nous restons à l'écoute. Et dans le respect, nous essayerons de rester dignes de ce message que les Congolais nous ont envoyés.

De tout temps, les coalitions n'ont jamais été faciles. Que ce soit en RDC ou ailleurs, les coalitions sont toujours des exercices périlleux. Je crois que nous devrons préserver l'essentiel. Or, l'essentiel, c'est l'intérêt du peuple congolais. Et non des querelles individualistes, égoïstes, politiciennes ou de positionnement.

*A propos de la dissolution, vous faites certainement référence aux propos du Président de la république lorsqu'il s'est rendu à l'extérieur. Moi, j'ai justement le privilège, de par mes fonctions, de ne pas avoir besoin d'attendre qu'il soit à l'extérieur pour parler de certains sujets. Et donc le lundi 13 janvier, comme RDC, nous avons eu un long entretien de deux heures trente avec le Président Félix Tshisekedi. Et j'ai été accompagnée de mon collègue du Sénat, le Président Alexis Thambwe Mwamba.

Nous avons fait un tour d'horizons complets sur des sujets qui constituent des points d'alerte, sur des sujets qui peuvent mettre les Congolais mal à l'aise, sur des sujets qui peuvent diviser ou qui ne peuvent pas faciliter la cohésion nationale. Aussi bien la dissolution que les sujets des provinces ou des réformes institutionnelles. Mais, c'était un entretien franc où chacun à ses convictions, son expérience institutionnelle, son identité politique... à mettre au service de la Nation.

Mon collègue du Sénat et moi lui avons rappelé l'article 148 qui parle de la dissolution, mais dans des cas bien précis. Il ne faut donc pas jeter des articles de la Constitution en pâture à des incompréhensions ou à des malentendus. Il y a à ce propos des conditionnalités. Il faut qu'il y ait une crise entre le Gouvernement et le Parlement.

Le programme du Gouvernement et le budget ont été votés au-delà de notre propre majorité présidentielle. Il y a donc sérénité en ce qui concerne le dialogue entre institutions. Le Président de la République est appelé dans ce cadre à consulter le Premier ministre, le président de l'Assemblée nationale et du Sénat avant toute décision, sinon on tomberait dans la violation des textes. Ce qui est régi par l'article 165 de la Constitution qui stipule que ''toute personne qui méconnait la Loi fondamentale peut être exposée au cas de haute trahison pour violation de la Constitution. Je ne cite que les articles, je ne prends pas position.

Il est important de rappeler à tous que n'est pas juriste qui veut. Et donc, nous devrons être très prudents par rapport à nos opinions publiques, quand nous, à Kinshasa, nous traitons des textes constitutionnels". Y.K.
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