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Projet Inga III : Les dessous d’une campagne
vendredi 1er novembre 2019

Que cachent les réserves - pour ne pas dire plus - de certaines technostructures par rapport au projet Inga III ? Est-ce vrai que ce méga projet ne va pas profiter aux Congolais ?

Sur fond d'une lecture géopolitique nourrie aux mamelles du combat pour l'indépendance économique de la RDC, Jean-Pierre Kambila démontre, ce qui parait à ses yeux, les ressorts de cette énième croisade contre la RDC. Occasion pour cet analyste souverainiste de revenir sur les dossiers "Artemisia contre la malaria et Code minier ". Tribune.

Dans l'objectif d'accentuer leur mainmise sur les potentialités et les richesses de la République Démocratique du Congo, les grands groupes de pressions internationaux qui, jusque-là, considèrent notre pays comme leur chasse gardée, sont passés à l'offensive ces dernières semaines. Sur ce plan, la République Démocratique du Congo fait actuellement face à trois fronts.

Le premier combat concerne la plante connue sous le nom d'Artémisia. En effet, un de nos jeunes médecins, le Docteur Jérôme Munyangi a été mis en difficulté à cause de son dynamisme dans la promotion de cette plante qui guérit de la malaria.

La seconde bagarre est celle du Code minier, lequel, après une longue et épique lutte contre les miniers étrangers opérant dans notre pays, est entré en vigueur en 2018, suite à sa promulgation par le Président honoraire, Joseph Kabila Kabange

La troisième attaque vient d'être relancée, depuis Bruxelles et New York, par le Groupe d'études pour le Congo (GEC) à propos de la construction du site hydroélectrique d'Inga dans la Province du Kongo Central.

Il s'agit ici des véritables affronts. Comment vont réagir nos autorités ?

LE SENS DU COMBAT POUR LA LIBERTE.

Le combat pour la libération du Congo, que nous menons ensemble depuis l'arrivée des colonisateurs sur nos terres, ne vise pas seulement une indépendance de façade, mais une véritable rupture des liens de subordination économiques devant entraîner des changements conséquents dans la qualité de vie des Congolais. C'est à cela que pensait Simon Kimbangu lorsqu'il déclarait en 1921 : " Moto moyindo akokoma mondele, mondele akokoma moto moyindo ". C'est ce que le chanteur-guitariste Adou Elenga voulait signifier dans sa célèbre chanson ATA NDELE. C'est bien pour la cause de la liberté, bien sûr, mais aussi, et surtout, pour l'amélioration de nos conditions de vie que les pères de l'indépendance avaient pris le risque énorme d'affronter, dans des conditions difficiles, un système colonial cent fois plus avisé et mieux armé qu'eux.

Le mépris dans lequel nos ancêtres ont été tenus par les participants à la Conférence de Berlin en divisant l'Afrique sans les africains ; la violence et la ruse avec lesquelles l'explorateur Stanley et ses comparses ont obtenu la soumission feinte de nos populations, témoignent de la volonté de domination qui animait nos envahisseurs. Que dire alors de mains coupées par les cruels envoyés du Roi Léopold II de Belgique pour améliorer le rendement des ramasseurs de caoutchouc ? Le combat pour la libération est certes politique, mais doit avoir un poids économique prépondérant.

Les méthodes sont-elles apparemment moins brutales aujourd'hui, mais le schéma de base reste le même, à savoir : soumettre pour l'exploitation de l'homme par l'homme et le profit.

LES SACRIFICES CONSENTIS.

Que Patrice Lumumba soit mort assassiné par un Belge, sur le sol du Katanga, alors dominé par une société de la même nationalité, l'Union Minière du Haut Katanga, est un symbole fort qui devrait nous rappeler constamment le sens véritable du combat du héros national. Ce crime, sa cause, le lieu du forfait et le mode opératoire révèlent, non seulement le mépris dont nous sommes objet, mais aussi, le degré de voracité et de violence que les puissances peuvent mettre en œuvre pour s'emparer de ce qui ne leur appartient pas.

Mobutu Sese Seko, malgré tout ce que l'histoire lui reprochera, avait essayé à sa manière de reprendre notre patrimoine par la nationalisation de l'Union Minière du Haut Katanga et la création de la Gécamines. Les Congolais n'ont pas oublié ses prises de positions sur l'indépendance économique. Rappelons ici que la Zaïrianisation, de triste mémoire, était en fait une tentative ratée de reprendre en main des secteurs importants de l'économie nationale.

Mzee Laurent Désiré Kabila a été assassiné à Kinshasa par ceux qui craignaient sa tranchante volonté de contrôler les richesses de la nation et surtout de ne jamais trahir le Congo.

Joseph Kabila Kabange que certains pensaient pouvoir manipuler aisément, en raison de son jeune âge lorsqu'il arrive au pouvoir, se montrera radical quant à la défense de la souveraineté du pays et de ses intérêts. C'est ce qui explique toutes les campagnes hostiles dont il a été victime, parfois sur le plan militaire et bien souvent hypocritement sous le couvert de la défense des valeurs démocratiques et des droits de l'homme.

Jusqu'ici les velléités de domination ne se sont pas estompées. Nos dirigeants, chacun à sa façon et selon sa capacité de refus de la soumission, s'y sont opposés.

LE TEMPS DES EPREUVES.

Nous voici arrivé à une autre étape. Que va faire le Président Felix Tshisekedi face à ces récurrentes attaques ? La version congolaise de la controverse sur la plante médicinale Artémisia, le refus des miniers internationaux de payer chez nous le niveau de fiscalité qu'ils acceptent partout ailleurs, et enfin l'outrecuidance impérialiste de vouloir contrôler le marché de l'énergie électrique chez nous sont les nouveaux visages du combat.

Voici venu le temps de l'épreuve. Le fils du Sphinx de Limeté va-t-il, comme le souhaitent ses partenaires du FCC dans la coalition gouvernementale, demeurer fidèle à l'esprit des pères de l'indépendance que son prédécesseur Joseph Kabila Kabange a si bien incarné ? C'est l'espoir objectif du peuple congolais.

L'ARTEMISIA CONTRE LA MALARIA.

Notre compatriote, le Docteur Jérôme Munyangi, qui symbolise ce combat en RDC, n'a pas découvert cette merveilleuse plante utilisée dans la médecine chinoise depuis des siècles. Mais grâce à son action sur place en RDC, il permet déjà à nombre de nos compatriotes du Maniema de se soigner avec cette plante, sans se ruiner au profit des grands groupes pharmaceutiques qui contrôlent et dominent le marché que crée le paludisme dans notre pays. Ce savant congolais est actuellement en difficulté ; et pour crime : avoir, après examens et démonstrations, convaincu nos compatriotes qu'il était possible de guérir cette pandémie assassine sans forcément engager des fortunes.

Et pourtant, la malaria tue des centaines de milliers de nos compatriotes chaque année et empêche un nombre encore plus élevé de travailler, donc de prendre part au développement du pays. C'est absolument une priorité nationale.

Le gouvernement ne devrait-il pas s'emparer de cette question, protéger notre compatriote et faciliter officiellement la promotion de sa thérapie ? Il est encore possible d'agir.

LE CODE MINIER ET LE CONTROLE DE NOS MINES.

En ce mois d'octobre 2019, le patron de Kibali Gold Mine, Monsieur Mark Bristow est passé à Kinshasa se réjouir de la bonne marche de ses affaires en RDC. La production de sa mine congolaise a battu des nouveaux records de production. La prévision de production de 750 000 onces d'or pour cette année sera largement dépassée. Et pourtant, le millionnaire persiste dans son combat pour amener les autorités congolaises à renoncer aux avantages acquis par la révision du Code minier de 2018. D'après un article de deskeco.com, le patron de Kibali Gold Mining vante le fait que sa société aurait "déjà entamé des échanges avec le nouveau gouvernement de la République ; le dialogue a repris sur diverses questions et une nouvelle dynamique s'installe".

A quoi fait-il allusion ? L'actuel gouvernement et, plus particulièrement le Président de la République vont-ils céder aux pressions des miniers ? Je me rappelle avoir suivi, voici quelques jours sur une chaîne de télévision de la place, l'ancien et brillant collaborateur du Patriarche Etienne Tshisekedi, Maître Peter Kazadi affirmer que l'UDPS ne reviendrait pas sur le Code minier de 2018, parce qu'il correspond aux intérêts du peuple congolais. Notre partenaire au sein de la coalition FCC -CACH va-t-il changer d'avis ? Les pressions sont importantes et le seront encore plus, mais il faut tenir, car il ne sera pas possible d'assumer la promesse "le peuple d'abord" sans moyen. Il ne sera pas possible non plus de financer l'agriculture et la gratuité de l'enseignement sans moyen. Et chacun sait qu'il ne faut pas compter sur les promesses de financement-cadeau.

Le combat pour maintenir inchangé le Code minier est également une question de dignité ; des responsables congolais ont entendu abasourdis, le PDG de Kibali Gold Mining déclarer à Kinshasa ce qui suit : "le Gouvernement continue de percevoir de manière opportuniste des impôts illégaux ". Il se référait ainsi à la taxe pour la promotion de l'industrie locale du FPI et celle de l'OGEFREM. Est-ce au patron d'une firme étrangère opérant chez nous de juger en public de la légalité ou pas de nos taxes? Est-il judicieux ou acceptable de traiter nos pratiques d'opportunistes ?

La RDC mérite tout de même un peu de considération.

Devons-nous encore revenir ici sur la question de la Gécamines, société nationale, que des partenaires étrangers voudraient infiniment exploiter sans verser le moindre dividende ?

LE CONTROLE DU PROJET INGA III

L'attention du public congolais a été attirée, tout dernièrement, par un rapport publié à New York par deux organisations Resource Matters (Bruxelles) et le Groupe d'Etudes sur le Congo (New York) S'attaquant à l'ADPI. A la manière des donneurs de leçon, ce texte prétentieux affirme que défaillances et corruption paralysent l'avenir du projet Grand Inga.

La thèse principale autour de laquelle tourne le rapport est que " Pour l'instant, dans les négociations qui sont en cours et dans les accords préliminaires qui ont été déjà signés entre la RDC et les deux consortiums qui sont pressentis pour développer le projet, il n'y a pas vraiment de garantie que les Congolais vont bénéficier de l'électricité". Le rapport affirme également que "depuis son rattachement à la Présidence de la République, les bailleurs de fonds multilatéraux du projet s'étaient retirés et l'agence qui pilote le projet Inga III a toujours manqué de fonds pour mener les études et les appels d'offres nécessaires à la bonne réalisation du projet". Il s'agit là des accusations gratuites et extrêmement graves. Et pour parfaire leur stratégie, visant à séduire pour reprendre le contrôle des études et du développement du projet, les auteurs usent subtilement de la tactique de la zizanie et rappelle que le " Président Tshisekedi a donné parmi les priorités de son mandat l'amélioration des conditions d'accès à l'électricité ".

Il convient d'abord de préciser, pour le lecteur non initié à ce secteur de l'électricité, que l'ADPI est l'organe, mis en place par la République pour gérer et coordonner toutes les activités relatives au projet INGA III. Comme il est de coutume dans tous les pays du monde, en raison du caractère hautement stratégique du projet, celui-ci est directement rattaché à la Présidence de la République. (Sous Kabila comme sous Tshisekedi). Il faut ensuite dénoncer un mensonge ; l'ADPI ne manque aucunement les moyens de mener à bien son travail. L'Etat congolais et d'autres partenaires souverainement acceptés par le gouvernement congolais répondent régulièrement aux besoins de trésorerie du projet.

Pour revenir à la thèse centrale des pourfendeurs de l'ADPI selon laquelle le projet Inga III " ne garantirait pas la fourniture de l'électricité au peuple congolais ", il faut relever une faiblesse énorme de ce rapport, le projet discuté ici n'est pas l'unique réponse que prévoit l'Etat congolais pour répondre aux besoins des Congolais. Inga III est certes le plus grand projet actuel, mais il participe de tout un ensemble de programmes devant faire face à la demande congolaise d'énergie électrique. Les prétentieux du Groupe d'Etudes pour le Congo n'ignorent pas qu'il existe une panoplie de projets des barrages hydro-électriques en RDC. Chacun de ces ouvrages a son rôle et sa zone géographique à servir. Cela dit, dans sa configuration actuelle, Inga III prévoit de réserver 3 000 MW sur les 11 000 aux besoins domestiques des Congolais. N'en déplaise aux rédacteurs du rapport de Bruxelles et New York, les spécialistes Congolais savent que 3 000 MW ne suffiront pas à répondre à tous les besoins. Mais alors à quoi serviraient l'énergie des autres barrages tels que Zongo, Kakobola, Katende, Mwadingusha, Koni, Nzilo, Rutshuru, Rutchurukuru,Tubi Tubidi, Tshala, Matebe, Mutwaga etc, sans oublier l'important projet de Wanyerukula qui aura une capacité de 2000 MW destinés aux provinces de la Grande Equateur, de la Grande Orientale et d'un partie du Grand Kivu ?

Comment comprendre, s'il n'y a pas de mauvaise foi, la conclusion du Groupe d'Etudes quant à son incertitude de voir le gouvernement congolais desservir l'électricité domestique à l'ensemble du peuple congolais ?

Quoi qu'en pense le Groupe d'Etudes pour le Congo, l'Etat stratège congolais est en droit de développer une politique régionale. Le Grand Inga est pour nous un instrument de cette approche légitime, tout en étant également un moyen pour gagner des devises nécessaires au financement d'autres projets. Est-ce cette perspective qui gêne autant ceux qui aiment tant nous faire des cadeaux ?

D'autres inexactitudes remplissent ce rapport maladroitement orienté vers la recherche d'un marché. Qui peut croire que parce qu'un dossier est contrôlé par la Présidence de la République, cela signifie un manque de transparence ? Non, jusqu'à ce jour tous les milieux intéressés, officiels et privés, ont été régulièrement informés ; sauf, exactement comme chez eux, sur les secrets de l'entreprise et ceux de l'Etat, bien évidement.

Le rapport du Groupe d'Etudes pour le Congo est une attaque inutile contre le Président honoraire Joseph Kabila qui avait, en son temps, conduit ce dossier au plus près de sa conscience et dans l'intérêt du peuple congolais. Il est certainement un acte de séduction à l'endroit du Président Tshisekedi ; nous pouvons aussi y voir une opération de "chantage - préventive" destinée à montrer au nouveau pouvoir la capacité de nuire de ses auteurs. C'est surtout un acte de guerre commerciale, maladroitement posé avec l'arrogance et le mépris habituel que nous ne supportons plus. Bref, ce rapport est un malencontreux barouf pour tenter d'obtenir le leadership de ce juteux projet. Beaucoup trop de gens à Bruxelles pensent que rien ne doit ou ne peut se faire en RDC sans leur contribution ; c'est ce mépris que les Congolais, quels que soient leurs bords politiques, n'acceptent pas. Le Congo de papa n'existe plus. Jean Pierre Kambila Kankwende

Cadre de la coalition FCC/CACH, militant PPRD.
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