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Ebola : Dr Muyembe annonce pour bientôt la vaccination conjointe à Goma et Gisenyi
mercredi 30 octobre 2019

"A partir de cette année, Ebola est devenue une maladie curable et évitable par la vaccination, parce que nous avons trouvé les médicaments qu'il faut pour traiter des malades". En faisant cette déclaration à la presse le 12 octobre, Dr Jean-Jacques Muyembe Tamfum pèse bien ses mots. Nommé par le Président Félix Tshisekedi à la tête de l'équipe de riposte à la fièvre hémorragique Ebola en juillet dernier, le Directeur de l'Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) est aujourd'hui fier d'avoir gagné son pari. Lui qui avait promis au chef de l'Etat de venir à bout de cette 10ème épidémie en trois ou quatre mois.

C'est tout rassurant que le Coordonnateur du Secrétariat technique du Comité multisectoriel de la riposte à la maladie à virus Ebola s'est adressé ce week-end aux journalistes congolais, membres de l'Association des Communicateurs en Santé en Afrique (ACSA/RDC). A quasiment trois mois de sa prise en fonction, le virologue congolais a tenu à faire le point sur l'évolution de cette épidémie, déclarée depuis le 1er août 2018. Une évolution qui, à première vue, s'avère bien positive.

L'optimisme de Dr Jean-Jacques Muyembe est fondé essentiellement sur des expériences concluantes basées sur ''le recours aux innovations technologiques'', éprouvées par ''des résultats scientifiques''. Pour le chercheur congolais, on n'a plus aujourd'hui à redouter la fièvre hémorragique d'Ebola, d'autant que cette pathologie est désormais curable et évitable par la vaccination. Pour preuve, la découverte de deux vaccins, dont l'un a montré son efficacité à l'Est de la République démocratique du Congo où il a déployé ses équipes.

''UNE VACCINATION EN CEINTURE''.

Aux dires de Dr Muyembe, l'utilisation des vaccins expérimentaux, en l'occurrence le RVRV, a permis à l'équipe de riposte de stopper l'épidémie. Il s'agit ici d'une stratégie basée sur ''une vaccination en ceinture'', précise-t-il. On vaccine en fait les contacts directs d'un cas d'Ebola confirmé aux laboratoires, ainsi que les contacts des contacts pour freiner la chaîne de contamination. D'après, le virologue congolais, cette stratégie, expérimentée en Afrique de l'Ouest notamment, a montré son efficacité.

Se basant sur la recommandation d'une équipe d'experts de l'OMS, Dr Muyembe révèle avoir opté pour un deuxième vaccin, qui est plutôt préventif. C'est un vaccin dénommé ''Johnson Johnson'' ou ''J-J''. Mis sur pied par des chercheurs américains et belges, ce vaccin, examiné par l'équipe de Dr Muyembe et choisi parmi tant d'autres, a donné le plus de résultats positifs sur le plan scientifique.

BIENTOT LA VACCINATION PREVENTIVE A PARTIR DE GOMA

"Pourquoi un deuxième vaccin alors que l'épidémie tant à sa fin ?, nous demande-t-on. Notre réponse est claire : Nous avons aujourd'hui beaucoup appris. Nous avons créé de nouvelles connaissances qui seront utiles au monde entier, grâce à ce courage que nous avons eu de faire des essais cliniques qui ont montré que maintenant il y a deux produits, deux substances, deux molécules, qui peuvent guérir Ebola", tranche le chercheur congolais.

Bientôt, annonce Dr Muyembe, la vaccination préventive sera lancée. Le go de cette opération est prévu pour le mois de novembre dans deux quartiers de Goma qui regorgent des populations à risque. Particulièrement des commerçants qui font des trafics transfrontaliers. Ils sont évalués à plus de 64.000 Congolais qui font régulièrement des navettes entre Goma et Gisenyi, dit-il.

Et cette vaccination sera menée concomitamment au Rwanda voisin où on retrouve aussi beaucoup de voyageurs qui font aussi des navettes sur le même tronçon. C'est seulement après que cette vaccination pourrait s'étendre aux populations des trois provinces affectées (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri), qui seront les premières zones expérimentales.

REVISION DES STRATEGIES DE LUTTE

A titre illustratif, Dr Muyembe affirme que, depuis son entrée en fonction, des efforts ont été menés pour revoir, de prime abord, les stratégies de lutte. L'application rigoureuse de ces stratégies porte aujourd'hui des fruits, à travers ''des progrès sensibles'', se réjouit-il. Ainsi, au regard des statistiques enregistrées par ses services, les cas de contamination sont passés de 90 par semaine, voire de 15 par jour en mi-juillet, à moins de 20 par semaine voire 1 à 3 par jour en octobre.

En juillet dernier, poursuit-il, trois provinces étaient affectées : le Nord-Kivu, particulièrement à Beni et Butembo, le Sud-Kivu, au niveau de Mwenga, et l'Ituri, précisément dans la zone de santé de Mambassa, au nord de la province. Aujourd'hui, note-t-il, c'est seulement dans une province, celle de l'Ituri, où se concentre l'épidémie. Et c'est là où sont focalisées nos équipes pour mettre un terme à cette 10ème épidémie d'Ebola en RDC. Dans les deux autres provinces, on a dépassé le délai de 21 jours sans enregistrer le moindre cas de contamination.

"En juillet, poursuit-il, il y avait 22 zones affectées, aujourd'hui, il n'y en a plus que 9". Mieux, le 5 octobre dernier, le Secrétariat technique du Comité multisectoriel de la riposte à la maladie à virus Ebola n'a enregistré aucun cas dans les trois provinces affectées.

APPROCHE MULTISECTORIELLE

Aux dires de Dr Muyembe, la mission que le chef de l'Etat lui a donnée était double. La première consistait à mettre un terme à la propagation du virus à un bref délai. La deuxième consistait à capitaliser les acquis de cette épidémie pour renforcer le système de santé en RDC, en commençant par les trois provinces affectées.

C'est fort de cette mission que le Coordonnateur du Secrétariat technique du Comité multisectoriel de la riposte à la maladie à virus Ebola affirme avoir mis sur pied de nouvelles stratégies pour mener la lutte. Ces stratégies s'appuient, selon Dr Muyembe, sur une approche multisectorielle et le contrôle de l'épidémie est maintenant placé désormais au plus haut niveau de l'Etat.

"C'est, en fait, la Présidence de la république qui donne de grandes orientations de la lutte que nous menons sur place dans les foyers épidémiologiques, précise le virologue congolais. Vient ensuite le Premier ministre qui coordonne et un Secrétariat technique que je dirige qui mène donc les activités sur le terrain. Et sur place, nous avons un collaborateur qui coordonne toutes les activités dans les sous coordinations à Beni, Butembo, Mangina…".

"Voilà comment, nous avons changé de stratégie, parce que la maladie à virus Ebola n'est plus aujourd'hui un simple problème de santé publique, mais un problème multisectoriel", indique Dr Muyembe, soulignant que la lutte s'étend désormais à d'autres ministères tels celui de l'Intérieur et Sécurité du territoire, celui de la Défense… et celui du Budget, qui met des fonds à la disposition des équipes mobilisées sur le terrain.

AMELIORER LE DEGRE DE L'ENGAGEMENT COMMUNAUTAIRE

L'autre aspect de la stratégie a consisté à améliorer le degré de l'engagement communautaire qui posait encore problème, parce que l'administration, les chefs religieux, la population locale… n'étaient pas impliquée dans la lutte, révèle le Coordonnateur du Secrétariat technique du Comité multisectoriel de la riposte. C'est dans cette optique que Dr Muyembe assure avoir pris langue avec les gouverneurs, les ministres de provinces, les administratifs, les leaders politiques toutes tendances confondues, les chefs coutumiers (mwami), les leaders religieux, les militaires, les policiers, les universités…

L'autre stratégie, d'après lui, a consisté à maintenir la motivation des équipes sur place. "Ces équipes, évalués à 15.000 agents, accusaient des retards de paiement, explique-t-il. Ces paiements de leurs motivations n'étaient pas réguliers. Nous avons dû alors régulariser tout cela grâce à l'intervention de la Banque mondiale. Maintenant, les équipes sont motivées, elles travaillent. Et maintenant, nous avons donné un budget de fonctionnement à la Coordination de Goma et dans toutes les sous-coordinations de Beni, Butembo…".

L'autre stratégie a consisté à donner l'importance le leadership national. Nous avons un partenariat avec l'OMS, l'UNICEF, le MSF… qui appuient le Professeur Steve Auka qui coordonne toutes les activités sur le terrain. "C'est donc un problème national, et c'est à un leadership national qu'il faut accorder l'importance. L'OMS a encouragé cette démarche, et a dit que c'était aux Congolais de prendre le devant, reconnaissant qu'eux (les partenaires) ne sont là que pour appuyer. C'est donc un aspect important, qui a changé la donne sur le terrain", a fait remarquer Dr Muyembe. Yves KALIKAT
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