PROCES KAMWINA NSAPU
Le Ministère public requiert la peine de mort pour la majorité des prévenus
vendredi 12 octobre 2018

La phase du réquisitoire s’est clôturée hier jeudi 11 octobre dans le procès des présumés miliciens du mouvement terroriste Kamwina Nsapu branche Kinshasa. Après avoir rappelé les faits, le ministre public a requis la peine de mort pour la majorité des prévenus.

Ce fut une audience de toutes les émotions hier à la prison militaire de Ndolo. Une audience de grincement des dents tant du côté des accusés que de celui des membres de leurs familles venus les assister. Au regard de la gravité des faits commis, l’organe poursuivant a, droit à l’appui, requis la plus haute expression pénale à l’endroit de 24 prévenus sur les 36 impliqués dans cette affaire.
L’organe de la loi a, par ailleurs, requis la peine de servitude pénale à perpétuité pour 12 autres prévenus. Il a en même temps demandé au tribunal de considérer non établies les préventions de meurtre et assassinats qui pesaient sur quelques prévenus. Ils estiment qu’ils n’ont pas participé aux attaques, moins encore aux réunions consacrées à la préparation de ces assauts.

LES PRÉSUMÉS COMMANDANTS EN CHEF SÉVÈREMENT SANCTIONNÉS

Ce réquisitoire n’a pas beaucoup surpris les présumés condamnants en chef du mouvement insurrection Kamwina Nsapu. Car, au regard des hautes responsabilités occupées au sein de cette bande, des décisions prises et de l’attitude peu disciplinée et coopérative affichée devant la barre pendant l’instruction, le ministère public ne cessait de leur promettre la bonne dose de la peine.
C’est le cas de Bakenga Tujibikile, de Mputu Nkongolo, de Ben Tshimanga et d’Éric Ngalamulume, pour qui l’organe de la loi a requis la peine de mort pour meurtre et assistant commis lors des attaques perpétrées entre les mois de mai et juillet 2017, et la servitude pénale à perpétuité pour avoir commandé un mouvement terroriste, 20 ans de servitude pénale principale pour participation au mouvement insurrectionnel et bien d’autres peines liées aux préventions de la violence à la sentinelle, coup et blessure volontaire simple et aggravé, et évasion des détenus.
Le ministère public requiert aussi la peine de mort pour le prévenu Mazanga Mazanga Mazarin, ancien secrétaire national en charge de la justice et droits humains de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti cher à feu Etienne Tshisekedi. Il est accusé de meurtre lors des attaques de 2017.
La même peine a été retenue pour quelques jeunes de ce parti accusés de s’être affiliés au mouvement terroriste Kamwina Nsapu. C’est le cas de Christian Mukadi, de Kabangu Kalewu Francky, accusés d’avoir exécuté l’administrateur général du marché central de Kinshasa, le 14 juillet 2017. Le même traitement est sollicité pour Kashama Edo, considéré comme l’un des principaux acteurs de l’incident survenu le 9 mai 2017 au poste de la police de la 11ème rue Limete.

PAS DU TOUT DE CIRCONSTANCES ATTÉNUANTES

Le Ministère public a requis la servitude pénale à perpétuité pour Gecko Bea, l’un des leaders des jeunes de l’UDPS, lui aussi impliqué dans cette affaire. Même peine pour le responsable national de la sécurité de ce parti politique, Mukenge Mukenge Paul. L’organe de la loi a sollicité que ce dernier puisse bénéficier des circonstances, au regard du sens de collaboration dont il a fait montre à l’endroit de la justice.
L’organe accusateur a demandé au tribunal de condamner à la peine de mort la prévenue Kapinga Fatou. Les deux autres femmes se trouvant dans le banc des accusés ont vu le ministère public requérir la servitude pénale à perpétuité pour elles.
En plus de la peine, le ministère a demandé au tribunal d’exiger des dommages et intérêts à ces 36 prévenus. « Ce montant qui relèvera de l’appréciation du Tribunal doit être payé en franc congolais et dans le délai fixé par la loi », a précisé le lieutenant colonel Alpha Limbaya.

LA DÉFENSE SOLLICITE LA RETRANSMISSION EN DIRECT DE LEUR PLAIDOIRIE
Le Ministère public a, avant de clore son propos, rejeté les conclusions formulées par une des parties civiles estimant que l’Etat est civilement responsable dans cette affaire et qu’à ce titre, il devrait lui aussi payer des dommages et intérêts aux victimes. « L’Etat congolais participe à ce projet comme une partie autant que les autres. Il n y à donc pas lieu de lui demander des dommages et intérêts », a-t-il conclu.
Dans leur réplique, les avocats de la défense ont demandé au tribunal de renvoyer l’audience de remise au jeudi 18 octobre prochain, le temps de bien préparer leur plaidoirie. Une requête qui a été exaucée. Le tribunal a promis, entre temps, d’examiner leur seconde requête relative à la retransmission en direct, sur la télévision nationale, de leur plaidoirie, comme ce fut le cas pour le réquisitoire du ministère public.
Orly-Darel NGIAMBUKULU

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