ASSEMBLEE NATIONALE
La motion contre AtamaTabe fait pschitt !
mardi 17 avril 2018

*Dans une motion incidentielle, la députée MP Vicky Katumwa a démontré avec pertinence que les questions de secret-défense ne peuvent être débattues sur la place publique.

La motion de défiance du député Paul Muhindo, contre le ministre de la Défense et des Anciens combattants, Crispin AtamaTabe, a fait pschitt hier lundi 16 avril à la plénière de l’Assemblée nationale. L’initiative du député Paul Muhindo d’éjecter le patron de la Défense, a été rejetée par la majorité des élus directs du peuple, présents dans l’hémicycle. Ce, à la suite d’une motion incidentielle de Mme Vicky Katumwa, députée de la Majorité présidentielle.

Dans sa proposition à l’ouverture d’une plénière très attendue et quelque peu mouvementée, l’auteur de la motion incidentielle n’y est pas allée avec le dos de la cuillère. "Traiter sur la place publique, une motion de défiance du genre de celle initiée contre le ministre Crispin Atama Tabe, serait une manière délibérée de violer le principe sacro-saint de secret-défense", alerte Vicky Katumwa. Selon cette députée MP, ici comme ailleurs, les questions touchant à la Sécurité dans sa plus grande extension, ne peuvent sous aucun prétexte, se traiter au cours d’une assemblée foraine. Bien au contraire. "Les matières du genre sont examinées par une commission spécialisée. Un tel débat ne peut avoir lieu en public. Il serait irresponsable de notre part pour le faire, encore que le pays est encore engagé dans plusieurs opérations militaires sur les lignes de front",explique l’auteur de la motion.
Dans son contre-argumentation, le député UNC Juvénal Munubo a relevé que la matière à examiner (ndlr : la motion de défiance contre le ministre de la Défense) était bel et bien de la compétence de l’Assemblée nationale. D’où, conclut-il, le caractère constitutionnel de la démarche de leur collègue Paul Muhindo. "Le secret-défense n’est même pas circonscrit dans notre pays", dit-il.
De son côté, la députée Geneviève Inagosi, a prévenu la plénière des risques de "tribalisation" ou de "communautarisation" des violences, des tueries dans le Nord-Kivu, contenus dans la motion contre le ministre AtamaTabe. Abondant dans le même sens que sa collègue, auteur de la motion incidentielle, Zacharie bababaswe a souhaité que la question soit dirigée vers une Commission spécialisée qui pourrait auditer le ministre de la Défense et Anciens combattants en cause.
Conformément aux us parlementaires, la motion incidentielle de la députée élue de Kalemie, a aussitôt été soumise au vote. A l’issue de cet exercice, la plupart des députés présents dans l’hémicycle ont voté pour. Ce qui a entrainé le rejet pur et simple de la motion de défiance inscrite en bonne place, dans l’ordre du jour de la plénière d’hier à la Chambre basse du Parlement. Crispin Atama Tabe est sorti de la salle des Congrès sans prendre la moindre parole. A emprunter du lexique judiciaire, "le dossier AtamaTabe est désormais clos" depuis hier.

LES RAISONS DE LA DEMARCHE
Pour la petite histoire, c’est depuis le jeudi 05 avril courant, que le député RCD-KML avait déposé au bureau de la Chambre basse, sa motion de défiance contre le ministre de la Défense et des Anciens combattants. L’insécurité dans les provinces de l’Ituri, du Tanganyika et du Nord-Kivu a été à l’origine de la démarche de l’élu du Nord-Kivu contre le patron de la Défense en RD Congo. Quelque 54 députés nationaux y avaient déjà apposé leurs signatures. Ce qui ressemblait à une goutte d’eau dans l’océan quand on considère le nombre de 500 membres qui composent l’Assemblée nationale.
Se basant sur le nombre de morts occasionnées par cette situation de frayeur quasi permanente dans les trois entités politico-administratives citées ci-dessus, l’élu du Nord-Kivu avait déduit, à sa manière, que le ministre de la Défense et Anciens combattants, Crispin Atama Tabe ne faisait ou ne fait pas correctement son travail. "Aujourd’hui si les gens continuent à mourir à Beni, c’est parce que nous n’avons pas d’hommes qu’il faut à la place qu’il faut. Nous avons initié une motion de défiance contre le ministre de la Défense et Anciens combattants pour inefficacité dans les opérations au niveau de Beni. Nous voulons bien que le ministre vienne dans les 48 heures comme l’exigent les règlements. Et nous allons être stricts. Nous savons que des motions de défiance sont souvent rejetées", avait déclaré le député Muhindo, plusieurs jours avant l’examen même de sa propre motion. Il aura été son propre prophète
Et d’ajouter que, "Ce sont vos électeurs qui sont tués. Nous devons nous prendre en charge en demandant à ce ministre de quitter ce poste et qu’on mette quelqu’un qui est compétent et qui sera en mesure d’appliquer d’autres politiques pour mettre fin à l’insécurité".Y allant de leur lecture de l’ambiance qui a prévalu hier à l’hémicycle, des analystes avertis pensent que le bon sens a eu raison de l’émotion.

LA SITUATION EN ITURI SOUS CONTROLE
La RD Congo est un pays post-conflit. Les élus siégeant dans différentes institutions le savent. A ce titre, prétendre enrayer définitivement l’insécurité dans un pays-continent comme la RD Congo, n’est pas une sinécure. Personne ne refuse de reconnaitre l’existence des poches d’insécurité consécutive à l’activisme des groupes armés dans l’Est et le Nord-Est du pays. Cependant, des observateurs sont unanimes que la situation actuelle du pays, comparée avec celle de 2000, par exemple, n’est pas de nature à remettre en cause les efforts des dirigeants du pays, à bâtir une paix durable.
Faut-il à ce jour, inscrire la question de sécurité, de défense du pays à l’ordre du jour des débats en plénière, sous prétexte que le système ne tourne pas ? Appartient-il au ministre de la Défense de déclarer à la face du monde que le pays éprouve de sérieux problèmes quant à la sécurisation de ses populations ? Si déficit sécuritaire il y a, le privilège ne revient-il pas aux structures attitrées de s’y pencher ? Débattre des questions de secret-défense en public, ne serait-il pas là une manière d’exposer davantage, un pays comme la RD Congo, à ce jour au centre d’une vaste convoitise aussi bien de certaines puissances étrangères que de quelques-uns de ses voisins ? On pourrait s’interroger à l’infini.
En matière de secret-défense, il semble que le cas syrien est éloquent. Combien de britanniques, de Français ou d’Américains savaient que leurs pays respectifs allaient bombarder la Syrie ? A priori, aucun ! Sauf ceux qui étaient dans le secret de Dieu. Chez nous, le retour de la paix étant un processus, nous apprenions aux dernières nouvelles que le calme revient progressivement en Ituri. Des sources concordantes attestent que les populations ayant naguère fui leurs villages, ont commencé à y retourner graduellement. Preuve que le système de la Défense veille au grain.
Laurel KANKOLE et Mathy MUSAU

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